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Liens Naturels - Feat Sax Sparkling

Message par Levyna Dell le Mer 1 Oct - 13:28






Liens Naturels

feat Sax Sparkling





A l'aube à peine, je m'étais réveillée. J'avais du travail. J'étais inquiète. Comment ne pas l'être ? Ma responsabilité de Pilier ne me laissait aucun répit, je m’attelais toujours à ma tâche avec vigueur et rigueur. Discrètement. Je m'éloignais de la gare pour prendre le chemin sinueux qui mène aux abords de la forêt. Contrairement aux apparences, cet endroit ne m’effrayait pas, non, il renforçait ma puissance. Il me soutenait. Et j'y avait surtout dégoté de quoi approvisionner les rebelles en fruit. Mais ce n'était pas l'unique raison qui faisait que je me levais aux aurores, il y avait là-bas un petit lac. De l'eau non potable mais de l'eau où j'appréciais m'immerger. La brume masquait la route que je devais emprunter, j'aimais cette sensation de fraîcheur humide emplir mes poumons. Délice. Je fermais les yeux, j'avançais pour disparaître derrière ce voile blanchâtre. Je n'étais plus qu'un ombre se mouvant dans la grisaille matinale. Une ombre fugace. Rapidement, je prit de la vitesse. Développant chacun de mes pas pour me mettre à courir. Le besoin d'extérioriser. Le besoin de me retrouver et de canaliser tout ce qu'il y avait en moi. Les cheveux lâchés. Comme porté par Orphée, j'imitais la biche farouche des bois fuyant le danger. Gracieuse. Je ne manquais pas de ralentir à l'approche de mon petit coin de paradis. Silencieuse. Retenant mon souffle déjà bien court. Méfiante. Je n'aimais pas me faire surprendre. Je scrutais la brume, les yeux plissés. Puis je l'écartais d'un geste fluide de la main droite. Personne.

Voyez comme l'endroit est sublime. Entouré de ce voile blanc, les arbres présent depuis des décennies règnent comme des fantômes sur l'étendue d'eau. Bordée par diverses plantes, fleurs. Les rives sont garnies. Ici, Gaia est maîtresses des lieux et de cette végétation. Je laisse tomber mes vêtements sur le sol, mes pieds nus caressant l'herbe grasse, humidifiée par la rosée. J'avance. Pas à pas. Douceur extrême qui me transporte. Je caresse tendrement quelques roseaux accompagnés de différentes variétés de Typha. J'écoute. La nature qui s'éveille doucement, le croassement des batraciens, leurs saut dans l'eau à mon approche. Je souris. Les oiseaux commencent à siffler. Je plonge un pied dans l'eau froide du bassin. La terre vaseuse du fond me capturant de son étreinte ferme mais délicate, je m'enfonce, encore. Les algues et plantes aquatiques caressant mes jambes. Je finis par m'immerger totalement sous l'eau, voilà que je respire. Le bruissement familier des poissons se mouvant sous l'eau, le tintement des bulles remontant à la surface. Le sifflement singulier de la nage rapide d'un batracien. Je me laisse totalement envahir. Je termine ma nuit ici. C'est si reposant. J'aime sentir mon élément contre ma peau. J'aime tellement. J'en oubli la raison de ma venue et je me laisse sombrer dans les profondeurs de mon étang. Dans mon lit de vase et d'Enhalus acoroides, d'épais feuillages touffus ornant le fond des étendues d'eau douces. Je ne suis pas morte. Juste une eau latente. Une eau qui dort. Dans ce fond musical qui me berce sommeil une fausse note. Je ne l'avais pas perçut mais à présent elle me dérange. J'ouvre les yeux. Je cherches.

Telle une sirène je nage. J'observe. Je me rapproche de ce cliquetis désagréable. Un son proche de celui qu'un mécanisme d'horloge rouillé. Je grimace. Ce son me broie les tympans. Je m'emmêle dans les racines des nénuphars flottant et fleurissant en surface. Mais voilà que je découvre l'objet du délit. Coincé. Les pattes, les ailes prisonnières des racines. Il y a autre chose. L'une de ces jolies ailes de métal est tordue, surement l’œuvre d'une langue de grenouille ayant voulu faire de cette création un repas. Ca pourrait expliquer comment une libellule métallique se retrouve au fond de l'eau. Je glisse mes doigts entre les racines comme si je tentais de démêler des cheveux sans les arracher. Je passe un long moment sous l'eau à essayer de libérer cette chose, le travail finit par payer et je remontais à la surface avec mon trésor au creux de la main. Il me fallait examiner cette trouvaille afin d'en évaluer la dangerosité. Pas question de rapporter un prototype espion à la gare.
Je sors la tête de l'eau. Puis mes mains avec en leur sein l'insecte de métal. J'incline mon visage m'adressant à lui :

-Qu'est ce que tu es ?

La bestiole n'est plus en état. Son mécanisme est altéré à cause d'un choc et surement à cause de l'eau. Je le portes à mes lèvres pour aspirer l'eau qui enraille son mécanisme. Si simple de le sécher. De lui ôter toute trace d'humidité. Je touches son aile. Il vibre. Ces petites pattes chatouille la paume de ma main. Il m'amuse. Alors, je le glisse sur mon épaule le temps pour moi de retrouver la terre ferme. Je lève finalement les yeux...

Le temps est toujours aussi nuageux. Si épais que les rayons du soleil ne filtre pas. Sombre. Si sombre. Je m'avance vers les berges, mais je ne suis visiblement plus seule. Je fronce les sourcils, voyant d'un mauvais œil cette ombre sortant d'entre les arbres. J'ai de l'eau jusque au dessus de ma poitrine laissant sortir que mon buste. Ici, je ne craint rien. Alors je demeure. Mon tatouage est bien caché sous mes long cheveux. Je cris une simple question :

-Qui êtes-vous ?

L'insecte sur mon épaule semble chanter... siffler. Je ne sais pas trop. Je trouve tout cela très bizarre. Et ma méfiance n'en est que redoublée. Immobile. Je suis prête à répondre à toute attaque et déchainer ces eaux calmes si il le faut.

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Re: Liens Naturels - Feat Sax Sparkling

Message par Sax Sparkling le Dim 5 Oct - 11:00

Un homme s’est éveillé plus tôt que les autres. Un être mi-chair mi-métal. Le manque d’une partie de lui l’a tiré de son sommeil. Dans le creux de son coude, il y a une minuscule sensation de vide. Une minuscule bulle de vide qui bruisse quand il plie le bras et qui murmure quand il reste trop longtemps immobile. C’est une émotion triste envoyée à son esprit et à son âme. Une conscience d’absence qui disparaitra avec le temps. Il suffit d’attendre et elle s’oubliera. Il n’aime pas l’oubli. Il ne l’attendra pas. Il veut retrouver la partie de lui perdue dans la brume. Sa libellule de titane et de feldspath.

Sax se lève. Il délaisse la chambre et la chaleur du sommeil blanc. Il se lave, s’habille, avec la lenteur des gens qui savent que la tâche qui les attend demande patience. Il sort dans le brouillard, quand l’aurore n’est encore que timide. Une atmosphère bleu marine au-dessus des toits. L’eau minérale suspend son apesanteur entre les buildings et les arbres. La Ville Blanche s’étire dans la brume matinale, dans cette ouate grise et humide. Il marche dans la ville, il lui ouvre ses sens. Il la déambule, l’arpente et l’erre. Il enferme ses pensées, exacerbe ses perceptions. Hypocentre de ressentis.

Il cherche sa libellule, sa demoiselle. Les libellules demoiselles sont si menues…

L’aurore perd son bleu, gagne son gris. Il marche depuis longtemps. La ville est devenue moins blanche, plus terre. Les rues sont moins droites, plus courbes.

Le Centre Blanc est derrière.
Le Monde Vert est devant.

Au-delà de la protection-aura, il y a un autre monde. Le Monde Vert dont la Ville Blanche protège ses habitants. Un monde mangeur de mutants et protecteur des tatoués.

Il a déjà rencontré Gaia, il y a douze ans. Une rencontre qui lui a valu la mort de son amie et des blessures mal cicatrisées. La forêt, pour Sax, est un sanctuaire de mort. Et de différence. Il y a entraperçu une autre énergie, presqu'une autre vie. Une intensité incontrôlée. La bestialité de la Ville Blanche est dans les aspirations et les objectifs. La bestialité du Monde Vert est dans la spontanéité et les rudesses. C'est la même cruauté mais ce n'est pas la même chose.

Il est triste et curieux.

Il entre dans la forêt, sur ses gardes, dans la brume épaisse. Son corps crie encore ses douleurs passées. Il devrait rebrousser chemin. Une libellule perdue... Cela ne représente pas grand chose. Mais à chaque pas enfoncé dans les herbes grasses, ses souvenirs le happent davantage. Le passé est magnétique.

Le cuir de ses chaussures, lisse, s’inégale de cendres de terre mouillée. Le bas de son pantalon se fonce de grains d’eau arraché aux herbes. Il n’est pas habillé pour se heurter à la foret. Il est habillé de cuirs trop clairs et de tissus trop neufs pour être un suiveur de Gaia. Il n’avait pas prévu ces retrouvailles avec elle, et cela se voit.

Il faut plusieurs détours et quelques circonvolutions pour qu'un bourdonnement sourd le sorte de sa torpeur. Une palpitation invisible, qui le touche en plein cœur. Entre la demoiselle et l’homme, il y a les pulsations du métal qu’ils partagent. La demoiselle a oublié l’homme, mais l’homme ne l’a pas oubliée. A quelques mètres de lui, elle est en détresse. Il la sent paralysée, étouffée. Il se hâte, mais la forêt n'est pas facile, son pas ne peut avoir la souplesse rapide des citadins.

L’obscurité des frondaisons s’efface, ne reste que la brume et un clapotis discret. Un point d’eau, un lac, bordé par une nature basse et légère.

Une autre personne touche sa demoiselle avant lui. Il la sent libérée, encore engoncée d’une eau qui n’est pas son élément. Les libellules sont faites pour l’air et pour le vol libre. Mais l’eau disparait. Il la sent bouger, à nouveau. Elle reprend sa quiétude.


- Qui êtes-vous ?

Il entend avant de voir. Une voix de jeune fille. Quelques pas encore, et il la verra tout à fait.

Entouré du Monde Vert, quelle chance a-t-il de tomber sur un habitant de la Ville Blanche ? Il reste élusif sur sa mutation. Les mutants, souvent, ne sont pas pauvres. Les riches, souvent, sont ennemis de naissance des tatoués.


- Je suis à la recherche d’une libellule demoiselle.

Et puis, elles apparaissent. La demoiselle et la jeune fille. L’une argentée – et un peu abîmée – l’autre de chair et à moitié cachée par le lac. Elle a un petit visage, de grands yeux et des joues d’enfant éternel. La libellule, sur son épaule, ressemble à un bijou vivant. Une sirène dans un tableau à la Turner.

- ... qui, je viens de le voir, se trouve sur votre épaule.

Il se demande quoi faire. Qu’elle soit tatouée ou mutante, riche ou pauvre, il a l’impression d’outrager sa pudeur.

- Je ne sais pas si cela est important pour vous, mais le lac est assez opaque à cette heure-ci.

Il ne voit rien en-dessous de l’eau.

- Par contre je dois prévenir que si je récupère ma libellule, je sentirai et verrai ses souvenirs détaillés.

Il se fend d’un grand sourire, à moitié amusé, à moitié embarrassé. Il vient d’avouer un tatouage ou une mutation. Et il n’est guère habillé comme un tatoué. C’est sûrement une faiblesse masculine, de baisser trop vite sa garde devant une femme à l’apparence fragile.

- Je m'appelle Sax. Pourrais-je malgré tout récupérer ce petit animal...?

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Re: Liens Naturels - Feat Sax Sparkling

Message par Levyna Dell le Ven 10 Oct - 23:42








L'obscurité se lève. Sa silhouette masculine se dessine au travers de ce voile, un jeu d'ombre et de lumière si subtile que le portrait en serait presque sublime. La nature avait le don d’embellir les choses de la vie. Les traits se dévoilant à moi me laissent découvrir les caractéristiques d'un homme plutôt grand, musclé et a l'allure fraiche d'un adolescent. Je plisse les yeux. L'eau m'enveloppant de son manteau chaleureux, je l'autorise à me convaincre de ne pas le tuer sur le champ. Lui qui de son pas lourd vient enfoncer la terre de mon sanctuaire. Un pas qui ne représente pas sa carrure. Étrange  cette manie qu'on les hommes de ne jamais répondre à la question posée. Je me laisse caresser par sa voix :

-Je suis à la recherche d’une libellule demoiselle.

Il voit. Je n'ai pas besoin de répondre. Je lis dans ces yeux clairs une certaine admiration. Il semble comme captivé par la scène qui s'offre à lui telle une toile peinte par un artiste. Intérieurement je souris mais mon visage demeure impassible. Mon éternelle méfiance. Je doute fortement à sa tenue que se soit un rebelle. Des chaussures bien trop civilisée, un pantalon trop clair se tâchant d'une couleur plus adéquat grâce à la rosée. Il vient de la cité blanche. Un homme riche. Je ne fais pas d'erreur sur ce point. Impossible. Il m'extirpa de mon analyse brutalement :

-... qui, je viens de le voir, se trouve sur votre épaule. 

Sur mon épaule. Oui. C'est là que j'ai déposé cette créature de métal qui tentait de se noyer. Je tourne mon visage pour la regarder briller. Il parle encore :

-Je ne sais pas si cela est important pour vous, mais le lac est assez opaque à cette heure-ci.

Je ne sais pas où il veut en venir. Je connais mon eau. En effet, il est bien lugubre en cette matinée couverte. Mais il n'en est pas moins merveilleux à contempler. Alors que je cherche une raison valable à ces mots, la réponse m'est soufflée :

-Par contre je dois prévenir que si je récupère ma libellule, je sentirai et verrai ses souvenirs détaillés.

C'est donc pour en arriver à cette conclusion qu'il a fait tout ces détours. Curieux personnage. Respectueux. Peut-être. Je lui laisse le bénéfice du doute, je ne juge que rarement au premier abord. Une chance pour lui... sinon il serait déjà mort. Un sourire partagé sur son visage. Un délice pour les yeux. Un frisson me parcoure l'échine. Il vient d'avouer. Il possède un don lié à ce petit insecte de métal. Je le prends délicatement au creux de mes mains. Dommage, je l'aimais beaucoup. Elle aurait pu orner nombreuse de mes tenues. Une moue un peu triste. Un regard enfantin. Celui d'une gamine ne désirant pas rendre un jouet à l'un de ces camarades.

-Je m'appelle Sax. Pourrais-je malgré tout récupérer ce petit animal...?

J'entends cette dernière sans réellement y prêter attention. Je suis déjà entrain d'avancer vers lui. Droite. Silencieuse. Mystérieuse. Un pas fluide. Je remonte doucement, l'eau dévoilant mon corps à mesure que je progresse en sa direction, les mains tendues devant moi protégeant la petite libellule en leur sein. Je viens la lui présenter tel un bijoux dans son écrin de chair. Je l'avais soigneusement gardé au sec, j'aimais l'entendre fredonner un son particulier à mon oreille. Mais il était temps que je la remette à son propriétaire, il était tout de même venu la chercher jusqu'ici. Une prouesse. Ou bien une folie. Dans chacun des deux cas s'était admirable pour moi. Un être de la cité blanche s'était offert à Gaia pour retrouver une partie de lui même. Il m'impressionnait. J'étais nue. Devant lui, gracieuse et sans la moindre gêne.

-Vous n'avez plus à être embarrassé par ce que vous partagerez avec votre amie.

Il était libre de reprendre l'insecte qui était incapable de le rejoindre. Elle qui avait l'aile tordue. Elle qui sifflait entre nous deux. J'avais volontairement laissé un espace d'une cinquantaine de centimètre entre nos deux corps. Il savait à qui j'appartenais. Il ne savait pas qui j'étais. Je n'avais contrairement à lui rien montré de mes capacités pour le moment. Il verrait. Il ressentirait. Je n'avais pas à lui prouver quoique se soit car il partagerais tout avec mon bijoux de métal. Lui que j'ai sauvé des griffes des racines, lui que j'ai sécher d'un baiser. Il vivrait ce qu'elle a vécu. Étais-je prête ? Pas concrètement. Avais-je le choix ? Pas réellement. Je ne désirais pas le priver de ces retrouvailles mais en faisant cela je me livrais à lui. Je laissais tomber le rideau sur la mystérieuse sirène que je suis. Je le fixe de mes grand yeux bleus, aussi profond que les siens. J'esquisse enfin un sourire. Doux. Subtile. Ces mêmes lèvres remuent légèrement laissant ma voix habiller le silence.  

-Levyna. Et je ne sais pas encore si je suis enchantée ou non de vous rencontrer.

Petite pointe d'ironie. Directe. Franche. Ce qui devait être dit l'était toujours, je n'étais pas connu pour flatter l'ennemi. J'éprouvais néanmoins une sensation bien différente à son égard. Il était différent. Un espoir. J'espérais que tout les City n'épouse pas la politique Lux à l'égard des rebelles mais jusque là personne ne m'avait encore prouver le contraire. Serait-il le premier ? Pour le moment je n'avais pas envie de lui rendre sa liberté.

-Pourquoi ? Pourquoi venir vous perdre jusqu'à moi, seul ? J'aimerais comprendre.

J'avais besoin de comprendre comment pulsait son cœur. Comment il observait les choses de son œil un peu taquin. L'eau perlait sur ma peau me faisait frissonner, hérissant mes poils. Je posais à nouveau mon regard océan sur la libellule et m’exclamais presque aussitôt :

-Oh ! Je voulais lui réparer son aile. Je n'en ai pas eut le temps... vous êtes arrivé trop rapidement. Je suppose que se sera plus simple pour vous de remédier à ce handicape qui l'empêche de voler.

Je relevais mon visage vers lui. L'expression digne de celle d'une jeune femme soucieuse de l'état d'un être vivant. Je considérais vraiment cette créature comme n'importe quel être vivant que Gaia aurait pu créer. Je lui offrais les mêmes soins. La même attention. Alors que cette chose n'avait rien de vivant. La production de la folie des entreprises liées à l'empire Lux. Le résultat de la pilule dream. Qu'est ce qui faisait de moi cette femme au côté maternel ? L'amour. Celui que j'offrais à chaque âme égarée. Celle-ci était dans mon royaume et il l'est lui aussi actuellement. Je ne salierais mon royaume qu'en cas de nécessité extrême.


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Re: Liens Naturels - Feat Sax Sparkling

Message par Sax Sparkling le Jeu 16 Oct - 9:19

Il a envie de la reprendre, de la toucher. C’est sa demoiselle insouciante, sa libellule prodigue. Il a envie de la rencontrer, de lui parler. C’est la jeune fille du lac, la sirène enfantine. Il se retient d’entrer dans l’eau. L’eau est féminine et argentée. Les hommes ont-ils le droit d’y entrer ?

Il rit de la barrière aquatique entre eux. Si fragile barrière et pourtant si cachottière… Il ne voit que ce que l’eau lui permet de voir.

Il se penche en avant, une main sur un genou, pour rapprocher son visage de leur hauteur.

L’eau vibre autour des deux demoiselles. Une eau transpercée. La jeune fille avance vers lui et lui a du mal d’y croire. Elle sort de l’eau. Lentement, il la découvre toute entière. Le lac ruisselle sur sa peau claire.

La Ville Blanche est un univers de lois et de traditions. De pruderie. La pudeur de la Ville travaille les fibres de ses habitants. Ils vibrent aux peaux. Leurs vêtements, des armures blanches. Pour un homme comme un Sparkling, la nudité est intime, amoureuse et secrète.

Elle s’approche. Sax se relève, sans s’en rendre compte. Il ne réfléchit guère, en réalité, en voyant ses seins, sa taille, ses hanches, son sexe, apparaître. Il oublie, pendant quelques instants, de penser. C’est une absence de conscience. Et d’intelligence aussi, probablement.

Et puis quand même, avant qu’elle ne s’arrête de marcher, son corps organique et son corps synthétique se réveillent. Ses joues s’incendient. Il regarde légèrement à droite, là où croasse une petite grenouille très matinale sur une pierre grise. Les yeux sont le premier reflet de l’âme et sa première perte. Les courbes de Levyna sont restées quelques secondes dans le fond de ses rétines. Une image-stimulus qui se transforme en courant électrique dans sa tête, dans le reste de ses chairs. Il prend quelques secondes pour laisser la tension s’éteindre par elle-même. Il est marié, il est loyal, il a du mal à accepter des réactions dues à d’autres femmes que son épouse.


-Vous n'avez plus à être embarrassé par ce que vous partagerez avec votre amie.

Il reporte son attention sur le visage de Levyna. Il ne peut pas acquiescer. Il sent ses joues trop chaudes pour qu’il puisse prétendre ne pas être embarrassé. Il sait que sa peau rosit, rougit, réagit. Il connaît les traîtrises de son corps. Un vieil ami qui lui fait des crasses aux pires moments.

- Désolé.

Il étend sa main gantée de cuir gris pâle sur ses joues et sur sa bouche pour cacher une partie de ses joues.

-Levyna. Et je ne sais pas encore si je suis enchantée ou non de vous rencontrer.

Il espère, très fort, qu’elle continuera sur le ton de la légèreté. L’apesanteur des humeurs balaie les gênes et les gravités. Il retire sa main pour lui sourire. Il emboite le pas du sourire. Il ne répond pas. Il n’a rien à répondre. Il n’a jamais rencontré de tatoués avant elle. C’est un peu une rencontre de l’inconnu. Une découverte du monde des tatoués par les répliques et les intentions d’une jeune fille.

-Pourquoi ? Pourquoi venir vous perdre jusqu'à moi, seul ? J'aimerais comprendre.
- Pour la libellule.

Il murmure la réponse en regardant sa demoiselle. Ses yeux ont de nouveau glissé sur le corps de Levyna. Il s’efforce à ne pas réagir. La libellule bat des ailes devant lui. Elle ne le reconnait pas. Elle l’observe, méfiante. Pour elle, il est un étranger, un humain, un danger potentiel. Il avance un doigt vers elle. Elle recule de quelques millimètres. Il n’insiste pas. Sa concentration n’est plus dans le présent. Elle s’est envolée dans le passé.

- Et pour le passé.

Il abandonne la libellule de titane entre les mains de la sirène. Les yeux dénués de gêne et de sourire, aussi. Le passé est un souverain remède contre les sentiments du présent. Des douleurs fantômes hantent ses muscles et ses nerfs. Des souvenir flous, sombres et rouges.

- Nous sommes allés dans la forêt il y a quelques années. Nous avons été grièvement blessés.

Il ne parle pas de mort. Les morts sont les délicatesses des âmes. Les morts égrènent les histoires, charpentent les expériences et le squelette des vivants.

Et surtout, la mort, cela met mal à l’aise.

Il ne veut pas, pas maintenant, pas lorsqu’il s’apprête à faire connaissance avec une femme d’une nature qu’il ne connait pas encore.


- Je crois que j’ai besoin de revoir la forêt pour ne plus être hanté.

Il reporte son attention sur la libellule argentée. Ses ailes, sèches, tremblent dans le brouillard. Il a l’impression qu’elle tremble de peur. Mais les libellules ne sont pas craintives. Ce sont des chasseurs, des prédateurs habillés de grâce. Au bout de leurs bouches dévoreuses, des mandibules de titane broient les proies et les dangers. La libellule tremble, pourtant. Tremble-t-elle par manque de chaleur ?

-Oh ! Je voulais lui réparer son aile. Je n'en ai pas eut le temps... vous êtes arrivé trop rapidement. Je suppose que se sera plus simple pour vous de remédier à ce handicape qui l'empêche de voler.

Elle le regarde de ses yeux clairs. Un regard transparent. La radiance et la douceur qui vont bien aux femmes. Le féminin qui donne des enfants et des amours-foyers. Elle, elle apporterait peut-être la chaleur qui manque à la libellule.

- Je peux la « réparer » facilement, en la re-composant. Je vous en ferai cadeau, pour votre gentillesse à son égard. Je crois qu’elle vous aime bien.

Il pose ses deux mains autour de la demoiselle qui agite ses mandibules. Prête à mordre. Il enferme la libellule entre ses paumes. Attend quelques secondes. Elle ne le reconnait plus, elle ne reprend pas seule, sa forme de poussière de métal. Lui, l’appelle. De toute sa volonté, de tous ses os de titane et de toute sa tendresse de créateur. Au creux de son bras gauche, là d’où vient la matière qui a formé la libellule, il sent le vide qui éclate en bulle frémissante. Le lien avec sa créature s’est rétabli.

Il ouvre les mains. La demoiselle a disparu. Depuis ses paumes, des volutes de grains lumineux, pâles et diamantins, s’élèvent dans l’air. Elles tournoient devant l’industriel comme des fées parties en fumée, gracieuses et danseuses. Les volutes étoilées se dirigent vers la bouche de l’homme qui garde les lèvres fermées. Elles ne peuvent plus revenir à l’intérieur de lui. La matière métal est perdue. Elle ne sait plus que faire. Elle caresse ses lèvres, doucement. Elle lui demande pour entrer.

C’est le baiser de la créature à son créateur. Elle veut lui donner son être, ses souvenirs.

Sax lève les mains autour d’elle. Dans les volutes, une paire d’ailes apparait. Il la recrée, bout à bout. Elle le remercie de son attention. Par les lèvres, il reçoit les images de sa vie de libellule perdue. Il revoit la scène, le point de vue de la petite bête. Il sent les cajoleries de Levyna sur sa carapace lisse. Dans les volutes, la seconde paire d’ailes apparait. Elle continue à lui donner sa vie. Il voit le baiser de Levyna et l’eau qui lui obéit.

Les ailes de la libellule tombent au sol. Les grains de lumière tombent en poussière.

Les yeux de Sax se sont figés dans leurs orbites.

Il a bien compris ce que la nature a donné à Levyna. Son pouvoir, son don de femme rebelle. Il se doutait qu’elle pouvait être tatouée. Elle pouvait aussi être simple habitante, en refus de la Ville Blanche. Mais de là à l’imaginer avec un pouvoir si grand… ? Gaia lui a donné un don aussi grand que les océans et les mers qui entourent les pays. Ce que la nature donne, la nature s’attend à le retrouver. Est-elle un de leurs leaders, un de leurs piliers ? La réponse émerge lentement en lui. Il connait la réponse, il ne veut pas la nommer tout de suite.

Il s’accroupit pour toucher la poussière de métal, les ailes diaphanes sur le sol humide. Les ailes frémissent encore. Des ailes sans corps. Des restes d’existence, privée de son cordon ombilical par la surprise. Il relève la tête vers la femme.

S’il lui donne la libellule, la libellule s’attachera à elle. Mais le risque qu’il puisse la reprendre, comme il vient de le faire, existera toujours. Et avec ce risque, la possibilité pour lui de voir tous les souvenirs de la libellule.

Il ne reprendrait pas un cadeau. Mais il est marié, il aime Silk plus que lui-même. Si son épouse était en danger… que ne ferait-il pas pour la retrouver ?

Il est un peu triste. On est toujours déçu quand on ne peut pas donner toute l’étendue de ses sentiments.


- Mais entre nous, ce cadeau n’est peut-être pas possible, n’est-ce pas ?

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