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A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Gondrand Dan Veck le Mer 22 Juil - 15:16

Jamais il n’avait été remis en cause le Crystal Palace au Conseil Lux. Jamais jusqu’à ce jour. Le Crystal avait une Reine. Swann. Et, Dawn City se divertissait là-bas. Point final.  

Gondrand avait eu une semaine chargée cette semaine. Comme, à vrai dire, toutes les semaines. Le PDG était à son bureau de la centrale géothermique. Il consultait les différents rapports et compte rendus. Le bureau n’était pas plus que cela guindé. C’était un bureau. Il y avait une vue sur Dawn City, forcément, mais, pour une centrale géothermique, cela était bien utile, que d’avoir une vue sur une bonne partie de la ville. Cela rappelait l’importance de faire du bon travail, car, pour Gon, une belle vue sur une ville, ne devrait inspirer que cela. C'était Gon !

Depuis quelques jours, cette semaine, il avait comme un poids à l’intérieur. Il ne pouvait l’expliquer. Gondrand pensait que c’était son tatouage qui faisait des siennes.

Dans son bureau, il tourna les pages manuscrites. Il avait un stylo à l’autre main. Un stylo, qui flirtait avec l’horizon, en l’air, retenu qu’entre les doigts. Il ne put s’empêcher de lâcher un léger soupir, et de reposer ce stylo à terre, sur le papier, afin de corriger une faute d’orthographe. Cela pouvait sembler anodin, mais, il ne fallait pas faire de fautes, parce que, on perdait en crédibilité, l’apparence humiliée, quand bien même, à l’intérieur, courageux. On frappa à la porte. Gondrand avait une secrétaire, mais, c’était plus pour la forme qu’autre chose, gérant lui-même son emploi du temps, alors, ce n’était pas une secrétaire, mais bel et bien, un ouvrier. Gondrand ferma le dossier et invita l’ouvrier à entrer. Gon se leva et lui serra la main. Il l’invita à s’assoir. Gondrand se rassit. Le salarié paraissait marqué – le visage tiré et les joues creusées. Gondrand lui demanda s’il y avait un problème. Le salarié tenta de cacher sa détresse, mais, il fonda en larmes soudain dans le bureau. Cela arrivait. Il avait perdu un proche. Tué par un rebelle. Gondrand lui adressa ses sincères condoléances. Il l’appela par son prénom, et, lui dit, qu’il allait lui donner des jours de repos, afin qu’il puisse faire son deuil. Mais, le salarié refusa. Il préférait rester travailler. Gondrand eut un silence. Il accepta autant qu’il refusa. Il lui dit de prendre au moins une journée pour la passer en famille. Le salaria acquiesça. Gondrand lui remplit un papier. Toujours, avec le même stylo. Alors qu’il le remplissait, le téléphone du PDG sonna. Le salarié regarda le téléphone. Gondrand ne répondit pas. Il n’eut même pas un regard. Le salarié lui demanda s’il n’allait pas répondre. Gondrand lui répondit froid qu’il était occupé et qu’il rappellerait si c’était urgent. Le salarié eut un petit sourire que Gondrand ne vit pas puisqu’il remplissait le papier. Il signa. Le PDG tendit le papier au salarié qui se leva pour le récupérer. Le téléphone portable de Gondrand vibra. Le PDG se leva. Il sortit le téléphone portable -  denrée très rare - qu’il posa sur le bureau. Ce dernier continuait à vibrer. Gondrand serra la main à de son salarié. Le PDG attendit qu’il sorte. Puis, il consulta son téléphone portable. Il rappela celui qui, visiblement, cherchait à le contacter. Regardant, par la baie vitrée, la station antenne de Dawn City. Elle. Une femme. Une secrétaire de la Tour Lux. Et, il apprit, qu’il y avait un Conseil à la Tour Lux : une session extraordinaire.

Cette session, elle avait été planifiée à la dernière minute. Gondrand confirma qu’il arrivait. Il regarda sa montre. Il arriverait dans 10 minutes. Il raccrocha. Gondrand tapa un texto. Il se leva. Il remit sa chaise en place. Encastrée au bureau. Il ferma les boutons de sa veste de costume. En costume. Bien sûr. Il prit des clefs du bureau. Il sortit de son bureau. Il le ferma à clefs. Il passa dans les couloirs. Il prit le temps de saluer ceux qu’ils n’avaient pas encore vu et qu’il croisa. Le PDG sortit enfin de son entreprise. L’agent de sécurité des portes de l’entreprise lui souhaita bonne journée à sa sortie.

Gondrand ne passait que peu de temps avec sa secrétaire, voire pas du tout, mais, en revanche, il était assez souvent accompagné d’un agent, un agent qui, le conduisait aussi, toute la semaine et où il le désirait. Ce dernier arriva pour venir le chercher, puisque, informé par Gon d’un texto. Gondrand entra à l’arrière du véhicule. On n’entrait pas à l’avant. Le PDG s’installe à la banquette arrière d’une voiture luxueuse qu’il ne conduisait à vrai dire jamais. Et d'ailleurs, à vrai dire, peu de personnes à Dawn City avait des voitures, que les riches, qui n'utilisaient pas leurs pieds pour marcher. Alors, Gon préférait laisser quelqu'un qui savait bein conduire, conduire. Et, avait embauché un agent qui savait bien conduire. Il donna la destination au chauffeur : Tour Lux. Gondrand sortit des lunettes de soleil et les enfila. Pour le trajet. Le chauffeur, en fit de même, le soleil assez bas. Il était surtout, armé, bien que, pas aussi bien qu’un soldat de l’Armée blanche, mais, armé, et sachant plus très bien se battre.

La voiture arriva à la Tour Lux. Le chauffeur ouvrit la porte. Gondrand y sortit. Il y sortit princier. Il prit le temps de remercier l’agent pour autant. Celui-ci ne lui garantit pas d’un mot qu’il l’attendrait jusqu’à la fin du Conseil : c’était une évidence. Gondrand entra dans la Tour. Il prit soin de retirer ses lunettes de soleil avant d’y entrer. Il n’eut même pas besoin de se présenter à l’accueil, que déjà, on l’accueillit, l’hôtesse qui reconnut aussitôt le PDG et conseiller. Le proche de la famille Lux. On l’accompagna jusqu’à l’ascenseur. Il ne supportait pas d’être accompagné, mais, il jouait le jeu, pour l’apparence. Alors, il resta serein. Serein et calme. Il arriva à l’étage du Conseil. Il marcha, calme et posé, dans les couloirs, jusqu’à la salle de Conseil. Il n’avait pas consulté sa montre tout le long du trajet, et, ne la consulta pas plus en ce couloir. Il entra à la salle du Conseil. On lui remit un dossier. Il était à l’heure. Celle qu’il avait annoncée au téléphone. Il s’excusa pour son léger retard. Elle n’était pas dans les habitudes de Gondrand. Et, c’était un Conseil assez spécial. Les excuses passèrent très bien. On l’invita à s’assoir.  L’ordre du jour : le Crystal Palace.

Et, Gondrand fronça très légèrement le sourcil. Légèrement. Interloqué. C’était rare de discuter à propos du Crystal Palace au Conseil. Gondrand attendait de voir. Il prenait la chose au sérieux : ce n’était pas parce que c’était des artistes, au Crystal, qu’ils n’étaient pas dangereux. Gondrand appréciait beaucoup le Palace : il divertissait. Il détournait alors l’attention. Celui des blancs. Le pilier de la Terre ne pouvait que s’en réjouir. Mais, à l’intérieur. Certains conseillers pensaient déjà à Swann. Catastrophés, ils pensaient déjà qu’elle aurait pu être destituée. Mais, on les interrompit : il ne s’agissait pas de la Reine.

Il y avait des évadés – de plus en plus – du Crystal. Et, ils posaient problèmes. Certains même, participant au désordre de Dawn City. Et, là, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase : on avait répertorié la fuite d’un prisonnier. Enfin, l’Armée blanche l’avait fait. Le dossier étant son rapport. C’était les histoires du Crystal. Mais, en dehors du Crystal, cela ne l’était plus. Gondrand ouvrit le dossier. Il y avait une photo épinglée. Il posa les mains sur la photo. Et, la releva, pour déjà, consulter les pages du dossier. Bien sûr, le Crystal, c’était un sujet délicat, un Palace qui échappait au contrôle des Blancs, et donc, l’Armée Blanche n’y avait aucune autorité, ne surveillant que les alentours. Gondrand aurait pu en sourire. Il en resta pourtant inflexible. Il revint à la photo. Car, certains conseillers se demandèrent, si c’était une fille ou un garçon, cet évadé, à travers un brouhaha, où, certains, prenaient la chose avec gravité, et, d’autres, prenaient la chose avec détachement. C’était les histoires de Crystal Palace. Et, pourtant, Le Conseil Lux avait ouvert une session sur le sujet. Gondrand qui avait roulé les yeux sur les conseillers pour les écouter, revint donc à la photo, ennuyé par les discours de chapelles.

Il détacha la photo. Il la prit dans les mains. Il la regarda. Froid. Interloqué, un conseiller, à sa droite, lui demanda de s’exprimer. "Je pense que c’est une fille ". Gon lui précisa à voix basse. "On s’en moque, n’est-ce pas ?" "Je ne sais pas. C’est une information comme une autre pour reconnaître quelqu’un." Gondrand épingla, de nouveau, la photo au dossier, avec soin. "Mais c’est chose vraie qu’elle ressemble à un garçon." Gondrand était de bonne humeur semblerait-il. Il lâcha un peu de son humour froid. Toutefois, il esquiva cette conversation peu intéressante, et, enchaîna, sur une interrogation, à plus haute voix, pour le Conseil. "Qu’en pense la Reine Swann sur cette affaire ?". Il eut un silence glacial. On n’en avait pas parlé avec Swann. Le Conseil décida qu’il fallait sans nul doute prévoir que de le faire. Alors, puisque tous refermaient leurs dossiers, Gondrand referma son dossier. Et, il se leva. Il prit congé des apartés. Il rendu le dossier, puisque, il fallait le rendre, étant classé, confidentiel. Peu importe. Gondrand avait bien regardé la photo. Ce n’était pas pour rien. C’était bien pour retenir le visage. Il sortit. Bien étrange session... !

Il regagna sa voiture. Son chauffeur lui demanda s’il souhaitait être raccompagné chez lui. Gondrand répondit négatif, que non, qu’il retournait à la centrale. Le chauffeur insista. Gondrand, qui avait, ces derniers jours, grimacé de temps à autre, pour une douleur de poitrine. Et, seul son agent avait fini par le savoir à force. Celui-ci commençait à s’inquiéter pour le PDG. Gon, lui répéta, catégorique, la destination : la centrale géothermique. Alors, le chauffeur l’y conduisit. Gon sortit de la voiture aux portes de son entreprise. Et, il y avait une personne. Un contact. Gon le regarda qu’à peine. Le chauffeur, lui, ne l’avait même pas vu, parce que, ce n’était qu’un passant. Il était éloigné, ce contact, à l’opposé, dans la rue. Un passant. Mais, un passant que Gon connaissait. Gondrand entra dans l’entreprise. Il attendit, patient, la fin de la journée de travail. Et, ne sortit pas encore, une fois l’heure de fermeture de l’entreprise arrivée. Il dit à son chauffeur de ne pas l’attendre, qu’il avait du travail à rattraper, avec la réunion à la Tour Lux, qu’il rentrerait à pied. Gon resta ainsi, le dernier dans l’entreprise. Lui, et, l’agent de sécurité, qui ferma l’entreprise, à la sortie du patron, et, s’en alla, fatigué, rentrer enfin chez lui. Gon, sur son départ, lui assura qu’il aura un bulletin de salaire en conséquence. Gon, ne comptait pas rentrer tout de suite. Il attendit. Et, le fameux passant avait fini par revenir. Un vert. Il vint porter une nouvelle : "Le pilier de l’air est de retour". Il eut un silence. "Depuis quand ?" Demanda Gon. "Quelques jours." Cela correspondait. Le poids qu’il sentait en lui. Cela devait être la disparition de l’ancien pilier. "On vous prépare une sortie en forêt pour cette nuit ? " "Non. Plus tard. Ce week-end." Le messager vert acquiesça. Ils se souhaitèrent bonne soirée. 

Le week-end arriva.

Gondrand n’avait pas pu poser des journées de congés. Il ne voulait pas non plus qu’on le croit souffrant. Elles auraient pu être suspectes aussi. Quoi que, à Lux, on avait l’air de se préoccuper surtout du Crystal Palace, ces jours-ci. Cela allait peut-être déplacer un peu les troupes de l’Armée Blanche d’ailleurs. Gon avait une totale confiance à ce que son contact vert, un rebelle de Kalliope, avait bien fait son travail de repérage. Gondrand s’habilla, comme toujours, tel un blanc. Il mit toutefois des bottes, parce qu’il prévoyait d’aller en forêt. Mais bien, un pantalon noir léger de haute qualité, enfilé dans ces mêmes bottes. Une chemise blanche. Une veste cintrée noire. Il demanda à son chauffeur de l'éloigner un peu du centre-ville pour du "shopping", du "lèche-vitrine". Et, de là, il lui dit qu'il rentrerait à pied. Gon alla en lisière de forêt.

Gon s’enfonça dans la forêt. Assuré. Confiant. Il allait se balader. Et, il verrait bien. Calme. Patient. Même si, le temps était compté : deux jours. Enfin, il se disait que cela devait bien être bien plus que suffisant. Deux piliers, ça ne pouvaient que finir par se sentir. Gon s’était rendu jusque dans les tréfonds de la forêt, jusqu’à la Clairière, un endroit, qui l’avait comme appelé, pour se rencontrer entre piliers. Gon s’y rendit. Bien droit. La terre inflexible. Il s’arrêta, bien avant l’arbre, soucieux de ne pas déranger l’oracle.

HRP : Edit (pour les véhicules ^^)


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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Ceara le Mer 22 Juil - 19:31

Le pilier de la terre.
Il se tenait là, à quelques pas d'elle seulement. Une simple rangée d'arbres les séparait.
Son regard se perdait dans la végétation sans qu'il ne semble la remarquer. Ceara était pourtant persuadée du contraire. Elle ressentait tellement sa présence imposante, lourde qu'il devait surement ressentir la sienne en retour. Peut-être d'une manière plus légère, plus... aérienne.
Les mains posées contre le tronc qui masquait son corps, la jeune femme grattait l'écorce, perdue dans ses pensées. Elle revoyait ses discussions avec les autres verts. Elle repensait à ce qu'on lui avait raconté pour la remettre à niveau - elle ne savait rien sur la rébellion après tout. Gondrand - puisqu'il s'agissait de son prénom apparemment - travaillait dans la ville, et pas à un niveau minable: PDG, rien que ça ! Il avait même réussi à infiltrer le conseil tellement son double jeu était parfait. Il profitait de ses richesses pour soutenir la rébellion sur le long terme. Nourriture, armes, vêtements... Il fournissait tous ces vivres indispensables à leur survie. Un véritable pilier ! Mais la nouvelle enfant de Gaïa trouvait cela louche malgré tout. Il travaillait dans la cité bon sang ! Comment pouvait-on si facilement lui faire confiance ?! Les autres l'avaient rapidement convaincu du contraire pourtant. Ils semblaient porter un grand respect pour cet homme - pour la plupart en tout cas, les mauvaises langues étaient partout et elles se plaisaient très certainement à tailler le nouveau pilier aussi-.  Au final, Ceara n'était pas du tout fixée sur lui. Tout ce qui tournait autour de cet étranger influent l'intriguait et son avis se divisait sans savoir de quel côté de la balance pencher.

Se décidant enfin à se faire sa propre idée, elle quitta sa cachette et s'avança d'un pas décidé vers son camarade. Ses yeux le fixaient intensément. De haut en bas, elle le dévisageait. Il avait l'air si ridicule... Son costume hors de prix enfoncé dans des bottes luisantes pour ne pas se salir avec de la boue... Franchement, il ne pouvait pas s'habiller comme tout le monde pour une fois ? Il avait besoin de rappeler ses origines, sa richesse ? Ceara se fondait bien plus dans le décor avec ses vêtements aux teintes brunes et vertes. Le pantalon était un peu large, elle avait dû récupérer une ceinture pour qu'il tienne sur ses hanches fines. Le haut en revanche était presque trop court et il lui suffisait de lever les bras pour avoir le nombril à l'air. Mais qu'importait au fond ? Elle avait bien passé ses derniers jours nue au milieu de la forêt. Elle n'était plus à ça près.

Se postant en face de lui, trop proche surement mais elle s'en foutait, Ceara planta son regard ébène dans le sien. Elle le jugeait complètement et sans se cacher. Malgré les bonnes paroles que ses nouveaux amis lui avaient soufflé sur lui, elle ne pouvait s'empêcher de le mépriser. Il faisait parti de ces riches qu'elle haïssait de tout son être. Peut-être même était-il déjà venu dans ce bar où elle travaillait ? Ses amis étaient surement les mêmes qui tripotaient les serveuses en abusant de leur statut pour se le permettre. Dans l'esprit de Ceara, ils n'étaient qu'un grand groupe qui se serrait les coudes. Un grand groupe de pervers manipulateurs frustrés.  Tout pour plaire en somme !

Humectant légèrement ses lèvres, une lueur presque mesquine traversa son regard alors qu'elle se décidait enfin à briser le silence pesant qui régnait entre eux :

"On m'a dit que tu venais m'honorer de ta présence."

Ceara ne cherchait même pas à masquer son sarcasme. La raillerie grinçait à travers ses paroles. Elle n'allait pas faire semblant de l'aimer. Elle ne le connaissait pas. Il devait faire ses preuves à son égard autant qu'elle devrait le faire au sien. Sauf que la brunette se foutait de son avis, complètement. Seule Gaïa comptait et honnêtement, c'était bien parce qu'Elle avait mis sa confiance absolue en lui que la belliqueuse ne lui sautait pas à la gorge.

"Je m'appelle Ceara. Je suis le nouveau Pilier de l'Air apparemment."

Tout était encore un peu complexe et nouveau pour elle. Les autres avaient commencé à lui expliquer ces derniers jours mais malgré ses capacités d'adaptation assez remarquables, il lui faudrait plus de temps pour se familiariser réellement avec l'étendue de leurs actions et tout simplement la vie en communauté.

Poliment - oui ça arrivait - elle tendit la main vers l'homme pour qu'il la serre puis marqua une légère pause avant de reprendre.

"Je te dirai bien 'enchantée' mais c'est pas le cas. Je vais être claire avec toi : je te fais pas confiance. Tu fais tâche ici avec tes fringues de richard et quelqu'un aussi doué pour mentir que toi, on sait jamais quand ça finit par nous planter un poignard dans le dos."

Son regard exprimait sa haine aussi clairement que ses paroles.
Elle s'adoucit cependant la seconde suivante.

"Mais... Gaïa t'a choisi et c'est surement pour une raison. Je ne remettrai pas sa décision en doute."

Sa dévotion était à ce point puissante. Sans limite, elle était prête à fermer les yeux sur sa méfiance par amour de celle qui l'avait fait renaitre. Elle ne se forcerait pas à apprécier ce type détestable aux premiers abords - il ne fallait pas pousser non plus - mais elle ne lui mettrait pas de bâtons dans les roues non plus et le tolèrerait. C'était un bon début pour leur collaboration obligatoire.

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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Gondrand Dan Veck le Mer 22 Juil - 21:00

Le pilier de l’air.

Il avait senti comme une brise légère. Un brise légère venir. Et, elle était bel et bien venue. Gon, calme et patient, ne se retourna sur elle que lorsqu’elle délaissa les arbres, et, qu’elle se présenta à lui. Quittant ainsi, regard sur l’arbre ancien, un peu plus loin.

Il la regarda elle.
Elle le fixa. Il la fixa.

Elle se tenait là. Trop prêt. D’ailleurs.

Gon, mains derrière le dos, recula, d’un pas, toujours, bien droit, en, la gardant en vue, tenant regard. Un seul et unique pas. Aussitôt. En un réflexe. En même temps presque. En un peu décalé peut-être. Avec, aucun air hautain. C’était juste, que le pilier de la Terre, était, par nature, distant. Et, aimait avoir une distance, une brèche, voire, un gouffre, avec les autres. Il la trouvait trop près de lui.

Il se laissa dévisager de haut en bas ou de bas en haut. Peu importe. Il resta inflexible. Il resta que sur son visage. Lui, il regarda son visage. Et, il ne tarda pas, mais alors, vraiment pas, à la reconnaître. Il garda un air réservé. Fermé. Il ne la regarda pas de la tête au pied. Juste le visage. Ça suffisait bien. Parce que, il serait déjà les dents. Il fallait qu’il se retienne de lui balancer qu’il venait de voir sa tronche au Conseil Lux. Mais, pour combien de temps, allait-il pouvoir se retenir ? Gon croisa, le regard, ébène. Lui, le regard, cristallin. Il était grisé acier même. Car, Gon se retenait en lui. Le faux calme.  

Il n’allait pas briser le silence. Il le faisait rarement. Le pilier de l’Air descella ses lèvres. Sur une moquerie. Gon y resta inflexible. Il ne bougea pas d’un pouce. Ça lui fit, ni chaud, et, ni froid. Il resta tel un mur de pierres. Insensible. Elle s’appelait Ceara. Non. Il n'y eut qu'une chose qui fit bouger le pilier de la Terre. : le "apparemment". Il fit enfin mouvoir la pierre Gon, qui fronça alors, bien net, un sourcil. Il n’apprécia pas trop le "apparemment" un peu volatile – un peu trop insouciant à son goût.  

- Je m’appelle Gondrand. Pilier de la Terre.

Répondit-il. Ferme.

Ceara tendit la main vers Gon. Gon regarda cette main. Il tendit la main. Il sera sa main. Il ne se fit là pas attendre. Gondrand avait une bonne poigne. Le PDG. Le pilier de la Terre. Et, il la serra bien, parce que, à reconnaître ce visage, au fur et à mesure de la poigne, il aurait peut-être même bien pu la serrer davantage. Mais, ce n'était pas du tout son style. Il serra donc juste d'une bonne poignée. Il s'était quand-même retenu. Il retira donc, sa main, aussitôt la poignée faite. Il ne s'attarda pas. Il ne remit pas les mains dans le dos par contre. Il croisa les bras. Plutôt. Pour, toujours, se contenir. Le faux calme.

Au moins, elle était franche : elle ne lui faisait pas confiance. C’était dit. Elle lui dit qu’il faisait tâche. Il ne regarda même pas ses vêtements à la suggestion. Non. Il resta. Inflexible. Pour changer. Et, il ne bougea donc pas d’un pouce. Toujours, à tenir le regard. Il prenait tout en bloc, comme un bloc. Un roc. Rien ne le déstabilisa. Et, il attendit qu’elle finisse. Elle l’accusa bien, pourtant, de menteur et de traitre. Il ne bougea pas. Il resta de pierre. Inflexible. Il vit la haine dans ses yeux. Même ça n'y changea rien.

Elle virevolta sur du presque plus doux – atténuant la donne. Si Gaïa l’avait choisi, c’était pour une raison, qu’elle ne remettrait pas en doute. Avait-elle dit. Le pilier de la terre décroisa les bras. En fait, il était plutôt satisfait d’entendre tout cela. Car, cela prouvait sa fidélité sans faille à Gaïa. Au moins. En même temps... pour un pilier... !

Gon resta froid.  
- Et, là, t’as fini ?

Demanda-t-il. Terreux. La voix terreuse. Car, il n’était presque pas très certain. Qu’elle avait fini. En fait. Il n’était même pas certain du tout. Mais vraiment pas. Il avait dit la chose assez direct, mais, c’était bien une demande, parce qu’il pensait, qu’elle allait continuer à parler. Mais vraiment. Il y eut donc, un bref blanc.    

Gon, très factuel, alla au cœur des choses.
Et, puis, après tout, depuis qu’il la vit, il s’était retenu que de le demander.... alors...

- Tu t’es évadé du Crystal Palace ?

Demanda-t-il, un peu cash, toujours, et, la voix, un peu colérique. Le regard. Acier. Il fallait en être certain. Il pouvait encore se tromper. Gon attendait de voir. Toujours. Mais, il se disait, que ce visage androgyne, il l’avait déjà vu quelque part. Il y avait perçu une fille. C’était bien une fille. Enfin. Il ne l’avait pas regardé de haut en bas. Donc. Il n'était pas si certain. Que c'était une fille. Non. Il était certain que c’était elle. Avec ce petit air là. Et, les bras, de nouveau, croisés, inquisiteur. Se calmant en lui. Plus doux. Enfin presque.

Il enchaîna à ce sujet.  

- Je pourrai dire la même chose de toi. Il y a mieux pour faire confiance.
Pim pam pouf. – Si la Reine te tombe dessus. Tu fais quoi ?
- Enfin. Je ne mettrai pas en doute non plus la décision de Gaïa.


Finit-il. En ricochet.

C’était peut-être un peu tendu. C’était un début. Un début de collaboration.
Pour des piliers... en même temps... Il fallait s’y attendre... à cette tournure...

Gon resta, campé sur sa position, depuis son seul et unique pas en arrière, inflexible, un piquet – les bras croisés. Pierre. Il se retenait même, de ne pas lui faire la morale... et... de la recadrer pour ce qu’elle avait insinué sur lui, lui et son double jeu à Dawn City.  


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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Ceara le Jeu 23 Juil - 10:34

Gondrand l'irritait de plus en plus. Il la prenait de haut avec son visage inexpressif et la traitait comme une gamine avec son ton détaché. Il agissait comme si rien ne l'affectait et ça énervait la jeune femme au sang chaud bouillant. Sa question de parent suffisant ne trouva comme réponse qu'un regard noir et des poings serrés - d'adolescente rebelle certains pourraient ajouter. Oh que l'envie de le gifler - et c'était encore gentil - son joli minois tiraillait la brunette ! Elle se retenait pourtant, leur relation se devait d'être un minimum cordial. Un minimum. Les efforts réciproques tendaient vers un accord final où l'entente règnerait. Un jour...Peut-être.

Fort heureusement, le sujet changea après un silence des plus tendus où elle s'était grandement fait plaisir à l'insulter de tous les noms mentalement. Lorsqu'il reprit, la surprise balaya l'agacement de la sauvageonne. Elle l'écoutait, les yeux grands comme des billes. Que racontait-il donc ? Enfin surtout : comment savait-il qu'elle s'était échappée ? Sa mésaventure serait-elle montée si haut ? S'était-il renseigné ? C'était trop rapide non ? Avec ses moyens, tout était possible pourtant... Mais les autres n'auraient pas pris le risque de dévoiler son identité si facilement en ville. Elle l'espérait du moins... De toute façon, Ceara était principalement sciée par la nouvelle pour l'instant. Une moins que rien comme elle avait réussi à secouer la fondation jusqu'à son sommet ! C'était impressionnant. Terriblement impressionnant. Et cela prouvait que le pouvoir en place tenait réellement à tout contrôler dans les moindres détails.

Redescendant sur terre, un sourire mesquin s'étira sur ses lèvres pulpeuses. Alors comme ça, elle s'était échappée du Crystal hein ? Ce fut au tour d'un ricanement de s'échapper cette fois, vibrant dans sa gorge avec amusement.

"J'suis flattée de voir que ma petite personne est suffisamment intéressante pour que même toi tu en entendes parler, à moins que tu te sois renseigné. Je pensais pas que ça pourrait remonter si haut quand même... et si faussement. Tu es sur de savoir lire correctement ? Ou alors ta très chère armée veut vraiment cacher sa médiocrité."

C'était trop beau pour être vrai. Sa propre histoire réécrite pour éviter quelques punitions pour manque de sérieux. Autant dire que Ceara s'en donnait à cœur joie pour railler encore Gondrand. L'ironie de ses propos atteignait des sommets. Qu'y pouvait-elle ? Ca sortait tout seul !

Avançant d'un pas vers lui, traversant cette distance qu'il avait imposé, Ceara se mit sur la pointe des pieds pour le fixer dans les yeux sans être trop en dessous de lui. Sa main osa même se presser sur le torse solide qu'il présentait. Elle en profita pour aller jusqu'à défaire un des boutons de sa chemise, simplement pour qu'il soit forcé de bouger pour le remettre ensuite.

"Tu veux la vraie version, mon beau ?"

Les sarcasmes continuaient. Elle aimait en savoir plus que lui. Elle aimait avoir le dessus sur lui, cet homme si indéchiffrable et stoïque. Ca l'énervait tant qu'il reste de marbre face à ses piques. Il était trop calme. Sa poigne avait pourtant témoigné du contraire, tant de force... Il se cachait. Ca ne donnait qu'envie à la teigneuse de gratter pour mieux le voir. Sa main pourtant se retira de son socle tandis que sa courte histoire commençait.

"J'ai jamais passé la porte du Crystal Palace."

Son regard ébène observait ses réactions attentivement. Rien qu'un tressaillement de sourcil lui ferait plaisir. Un doux vent les enveloppa. Il tournait autour d'eux, d'abord lent puis progressivement plus rapide. Il les enfermait. Eux, les deux piliers. Ceara ne le réalisait même pas. Son don se déclenchait inconsciemment. Son caractère impulsif se répercutait sur le présent de Gaïa. Sans surprise au fond. Qui s'attendait à ce que son vent soit soumis ?

"Ils m'ont escorté vers là-bas et ils m'ont détaché devant. Pas dedans, devant."

Car toute l'importance était là. Jamais le Crystal ne l'aurait laissé s'échapper. Elle le savait bien. Elle était déjà allée faire la fête là-bas et ces artistes sans âge ne quittaient pas leur prison. Une fois son âme happée dans ces méandres infinies, sa vie aurait perdu toute signification et son corps se serait ajouté aux pantins qui ornaient les lieux. Un sort totalement inacceptable à ses yeux.

"Et là... une femme est sortie. Splendide vraiment. Une créature de rêve."

Son rictus de satisfaction s'agrandit.

"Ces nigauds ont été incapables de résister et ils se sont bien rincés l'œil, crois moi ! J'en ai profité pendant ce temps, c'était l'occasion ou jamais. Et là tu vois, l'intérêt d'être petite, c'est que tu es discrète.

Fait discutable étant donné ses capacités hors normes pour se montrer bruyante...

Ses airs ravis se voilèrent au fil de ses mots, remplacés par une détermination étonnamment sérieuse.

"J'ai pas hésité et j'ai fui vers la forêt. Parce que la seule chose pire que la mort Gondrand, c'est de vivre éternellement privé de liberté."

Et le vent retomba. Le calme régnait à nouveau autour d'eux.
Ceara redescendit à sa taille d'origine, les pieds bien à plat sur l'herbe. Dans sa bonté, elle recula même d'un pas pour laisser à son camarade le temps de souffler. Les mains dans les poches, son sourire se redessina, plus léger maintenant.

"Mais je suis pas morte, et c'est pas faute d'avoir essayé... Gaïa avait d'autres plans en tête faut croire."

Pourquoi l'avoir gardé en vie ? Elle-même n'en était pas sure. Cela ne l'empêchait pas d'embrasser cette renaissance avec plaisir. Il n'avait jamais fait si bon de vivre ! Enfin, à part quand elle était obligée de parler avec un type moins expressif qu'un mur de briques et aussi agréable qu'un caillou saillant s'enfonçant dans son genou lors d'une chute sur du gravier.

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Ceara
Pilier Air


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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Gondrand Dan Veck le Sam 25 Juil - 20:40

Ceara... mais Gon allait péter une durite avec elle ! A force. A force, parce que, Gon, était quelqu’un de calme à toute épreuve. Un faux calme. Jusqu’à ce que la Terre se déchaîne.

Mais. Pour l’heure. Non. Pas encore.
Il fallait y aller pour ça. Là, ça allait !

Gon restait une pierre face à beaucoup de choses. Face même à des larmes. Face même à des cris. C’était sa force. Et, toute force n’était aussi, que faiblesse. Cela ne voulait pas dire qu’il ne faisait pas quelque chose. Pour ces larmes. Pour ces cris. Mais, il restait une pierre face à tout cela. Voilà tout. Point barre.  

Gondrand observa sa surprise. La surprise de Ceara. Surprise qui s’envola. Et, pour changer, sur le cousin de la moquerie : la mesquinerie. Gon en avait presque un regard absent. Las. Désabusé. Insensible. Détaché. Roc.

Il écouta pourtant. Patient. Calme. Posé. Attentif. Il se demandait si elle posait des questions. Lorsque, par exemple, elle demandait s’il s’était renseigné. Alors que, lorsqu’elle posait des questions, ce n’était pas de vraies questions, comme, par exemple, s’il savait lire bien. Eh bien, a priori, pour un PDG, c’était mieux oui. Avait-il envie de lui répondre. Mais, il ne lâcha pas encore cet humour de terre à terre qui le caractérisait. Pas encore. Il resta sur la réserve. Réservé. Et, comme ce n’était pas assez clair, pour Gon, dans son discours, à ne plus en savoir si elle posait des questions ou si elle lâchait des commentaires, Gon préféra laisser couler... Gondrand ne prit pas la peine de répondre. Il ne répondait pas aux trucs qu’il ne jugeait pas intéressants. Et, pour lui, ce n’était pas intéressant. Pas assez. Alors, pour changer, lui, il resta, eh bien, inflexible ! C’était à parier. Pourtant, il y avait de quoi en redire, sur la soi-disant chère armée. Oui. Bien sûr. Gon adorait l’Armée Blanche. Celle qui avait tué sa mère. Oui. Bien sûr ! Mais, il n’allait pas lui raconter son histoire. Parce que, Gon ne racontait jamais son histoire aux autres.

- Il est facile de te flatter dans ce cas.

Dit-il sec et brut. Terre à terre. Lourd. Cash. Humour à la Gon. Glacial. Une pierre qui tombe. Flirtant avec l’ironie. S’il suffisait que de ça pour flatter quelqu’un... que ça remonte jusqu’à Gon.... il ne voyait même pas le lien de cause à effet ! Gon n’avait pas autant d’égo que ça. En fait, il avait, peut-être bien, un ego pétrifié. Et, s’il suffisait qu’à ce que quelqu’un parle de soi... pour être flatté... il rougirait pas mal dans son entreprise alors ! Sauf que, en fait, il ne rougissait... jamais !

- Flattée... il n’y a vraiment pas de quoi tirer satisfaction que de se faire remarquer...

Ajouta-t-il là-dessus. Commentaire froid. Elle s'avança encore. Elle ne respectait rien. Pas même un pas de distance. Gon, le distant, n’appréciait pas trop la chose. Il resta. Pourtant. Roc. Le regard, cependant, acier. Le cristal et les teintes azurées, très grisés, soudain. Il remarqua davantage sa petite taille. Puisque. Elle se mit soudain sur la pointe des pieds. Elle en profita pour retirer un bouton de chemise. Il. En resta. Inflexible. Il ne bougea pas. Roc. Car, pourquoi bouger ? Elle ne respectait pas les distances de pas. Semblerait-il. Alors, il n’allait pas faire un pas. Cela ne servirait à rien. Et, Gon venait de comprendre le jeu. Le jeu. Qu’il rejetait en bloc. Car, Gon comprenait vite. Plus vite qu’on ne le pensait. Si c’était pour fermer son bouton à ce qu’elle le retire de nouveau... on n’était pas sorti de l’auberge ! Et, si c'était ce qu'elle voulait... il ne se plierait pas ! Terre. Donc. Il ne fit. Absolument. Rien. Pierre. Et, c’était plus marrant comme ça. A vrai dire. Gon, n’était pas dénoué de sens de l’humour. C’était juste. Que. Il n’afficha aucun sourire. Rien. Il resta. Détaché. Il resta Pierre. Il ne remit pas le bouton. Il n’y toucha pas. Il ne bougea pas. Il resta ouvert ce bouton de chemise. Il s’en fichait bien. Il pourrait se balader à poil dans la forêt, aujourd’hui ou demain, il resterait bien droit. Gon n’était pas pudique. Il y avait peu de choses qui déshabillaient Gon. Pour ne pas dire. Rien. Et, pourtant, il lui arrivait de se déchainer dans une colère dévastatrice. C’était qu’il prenait, en bloc, il empilait les pierres, pierres par pierres, et puis, forcément, un moment donné, il fallait bien que cela arrive, le bloc tombait. Et, ça faisait mal. En général.  
     
De là, elle narra ce qu’elle avait dire. Elle compta son histoire. Et, bientôt, il en sera bien plus sur elle, qu’elle n’en saura sur lui ? Peut-être. Cela n’importait peu à Gon. Gon, pragmatique, ne se contenait de ce qui était intéressant. Les faits intéressants. Mais, il était, d’un autre côté, très à l’écoute des autres. Il écoutait toujours. Oreilles attentives. Lèvres scellées.  

Il écouta donc. Attentif. Silencieux. Pierre. Inflexible. Pour changer. Roc. Le regard. Bleu-acier. Toujours. Gon, une personne très stable. En fin de compte. Constante. Au final. Pourtant, il n’allait pas tarder à avoir une infime réaction. Enfin ! Et, en fait, pas si infime que ça. Ceara prétendit n’avoir jamais passé la porte du Crystal. Et...

Gon sentit un vent se lever. Tout autour. Autour d’eux. Il y avait comme, une prison de vent, qui se formait, peu à peu. Qui, peu à peu, prenait corps. Bien trop. Gon. Il fallait le parier. En restait. De marbre. Mais, il eut cette infirme réaction. Qui s’amplifia. Lourde. Qui prenait corps. Peu à peu. Car, à mesure que le vent se fit plus fort, sa peau, à Gon, elle prit en résistance, plus pierre. Pierreuse. Elle se faisait aussi résistante que la pierre. Un bloc. Si, au début, rien n’allait jusqu’à l’apparence, cela n’allait pas tarder à changer. Soudain, la chair de son corps, de sa peau blanchâtre, devenue si résistante, muant si pierreuse, passa à des teintes grisâtres et à des fissures, des craquelures, brisures et factures, qui allèrent, jusqu’à une joue, en plusieurs traits, désordonnés. Failles. Bien visibles. En anarchie. En gouffre. Rien sur l’autre joue. Elles s’arrêtèrent. Gon ne poussa pas l’un de ses dons de Gaïa à fond. Car, il se demandait, si celle qu’il avait en face de lui, le Pilier Air, maîtrisait ce qu’elle était en train de faire ou non. Et, Gon, une brute, trop vite domptée à Dawn City. Le regard et les pupilles de Gon, virant, à la couleur de la pierre, en un voile brutal. Gris. Le tatouage dorsal sous la chemise qui s'anima. Pour sûr. Les yeux mêmes, de Gon, ils commencèrent à se cerner dessous, sur la peau, dans les couleurs de peaux grises, jusqu’à presque se noircir. Noir. Dents serrées. Alors, si ses mèches de cheveux en voleraient un peu, de l'Air, le gominé rendu sauvage, il restait bel et bien, planté au sol - lourd. Très lourd. Mais, si elle avait été à pleine puissance, aurait-il pu résister ? Qui savait. Elle n’alla pas aussi loin. Lui non plus. Cela s’arrêta là.  

Gon, n’en avait fait remuer aucune pierre. Il n’avait pas jugé la chose utile. Il s’était mué en pierre. Point. Terre, il s’était surtout concentré à renforcer son poids, le rendant, de plus en plus lourd, face à l’Air, qui s’était élevé, de plus en plus fort. Il n’était guère déstabilisé par une prison, et ce, même une prison du Pilier de l’Air lui-même. Enfin. Elle-même. Ceara. Non. Lui, campé sur ses positions, du Pilier de Terre. Toujours. Patient. Il aurait, attendu que s’essouffle le vent. Jusqu’au bout. Bloc. Et, avec force. Avec, résistance. Le vent finit toujours par s’éteindre. Qu’il se fatigue donc. Au contraire. Gon, à l’intérieur, avait cette malice cachée, de se dire, qu’elle se fatigue donc. Qu'elle y aille donc. Juste pour voir, jusqu’où, elle pouvait aller. Car, Gon aimait pousser les autres jusqu’au bout. Ça arrivait. Lui. Résistant. Il aurait pu alors, dans un autre contexte, en dessiner même, un infime sourire, lèvres scellées, en un recoin de lèvres. Sourire. Juste esquissé. Mais. Il ne le fit pas. Poli. Respectueux. A l’écoute.  

Ceara avait été détachée devant le Crystal. Elle le précisa : devant. Elle y insista. Gon apprécia la chose. La précision. Malgré qu’il décela sans peine un air de moquerie. Il apprécia. Enfin du précis. Il en fallait de la patiente pour en attendre d’elle, de la précision. Même si, il n’afficha rien. Pierre. Toujours. Donc, sous l’autorité de L’Armée Blanche. Elle était restée sous l’autorité de l’Armée Blanche. Elle n’avait jamais été sous l’autorité du Crystal Palace. Quand bien même aux portes du Palace. Elle n’était restée qu’en dehors de l'autorité du Crystal. Donc : c’était peut-être bien encore plus merdique qu’il ne le pensait. Si les deux autorités se renvoyaient la balle – la faute – sur une évasion... ça craignait. Et, une excuse, pour remettre en cause l’autorité du Crystal – lui dire, bon, vous voyez, il y a des évadés chez vous, vous faites mal votre travail. Super. Un protagoniste arriva dans cette histoire : une femme. Ceara ne manquait pas d’y ajouter des détails peu intéressants pour Gondrand : qu’elle était splendide. Paraît-il. Etcétéra. Etcétéra. Gon était à deux doigts de lui dire – avec une ironie froide – qu’il pouvait lui arranger un rendez-vous galant, si elle le souhaitait, l’androgyne. Mais bon ! Elle enchaîna sur des détails sans importances – que des mâles avaient faits leurs mâles. Etcétéra. Etcétéra. Quoi que. Détails devenant pertinents. Puisque, c’était là-dessus que la dite évadée s’évada. L’Armée blanche avait été... si... incompétente... ?! En fait. Qu’est-ce qu’il en avait à faire Gon ? Le vert ne pouvait que s’en réjouir, que l’Armée Blanche se révélait si incompétente. Du coup. Il resta. Pour changer. Un roc face à l’information.

Car, chez Gon, rien ne transparaissait. Rien. Comment pouvait-il mener double jeu sinon ? S’il le menait si bien, c’était bien pour quelque chose. L’inflexible. En passant, Ceara se vanta de sa petite taille. De toute façon, Gon n’en redira rien de sa petite taille. Rien. Petite mais bon. Le caractère n’était pas petit. Ça, par contre, Gon se retenait d’en dire quelque chose. Pour l’instant. Elle brisa la façade moqueuse, ironique, et tout le reste – pour du plus sérieux. Elle s’était réfugiée dans la forêt. Elle s’était horrifiée que de se retrouver vivre, exempt de liberté, et ce, pour l’éternité, ce qui, peu se comprendre. De là, disant qu’elle avait voulu mourir. Ce qui, pouvait moins se comprendre, pour Gon. Gon avait envie de lui rétorquer qu’elle était stupide. En soupirant. Mais. Il n’en fit rien. C’était inutile. Non. Il n’allait pas lui manquer de respect. Ce n’était pas son genre. Les fissures d’une de ses joues se résorbèrent peu à peu. Ainsi que, les teintes grisâtres de sa peau, par endroits. Car, le vent se calmait. Gon, alors, retira sa mue. Et, la chose bien, très bien même, c’était que Ceara recula d’un pas. D’elle-même. Donc, elle n’était pas si stupide. Gon ne la trouvait, de toute façon, pas stupide. Irrespectueuse. Ça, ça par contre oui. Gon apprécia. Même si, il n’afficha rien. Le regard. Plus clair toutefois. La peau. De nouveau blanche. Le tatouage serein. Gon revenant à lui. Il ne remit pas ses cheveux en place.

Ceara reprit un petit sourire. Plus gai. Elle avait, un panel d'émotions celle-là ! Mais, Gon le respectait. Car, elle conclut au heureux constat qu’elle en avait survécu, qu’elle était bel et bien vivante. Oui, elle et son caractère agaçant. Gon aurait voulu préciser. Pas morte. Libérée. Pas en la cage de la mort pour l’éternité. Oui. Gon aurait voulu lui rétorquer. Mais, il allait respecter, le fait qu’elle avait voulu mourir. Ça pouvait arriver à tout le monde. Sûrement. Gon ne savait pas trop. Gaïa ayant donné une seconde vie à Ceara. Gaïa mystérieuse. Elle aussi, Ceara le pensait, Gaïa, une mystérieuse, qui tissait les destinées. Alors, peut-être que les Piliers étaient sur la même longueur d’onde ? Gon leva un sourcil. Peut-être. Peut-être pas.

Enfin ! Enfin Gon bougea. Il vrilla le regard sur le côté.
Et donc le visage. - Je vois.

Oui. C’était tout. Il voyait. Il avait écouté.
Qu’y avait-il à y ajouter ?

Affaire pénible.

Mais, si le Crystal Palace et l’Armée Blanche allaient finir par s’enguirlander – au final – ce n’était pas une si mauvaise nouvelle. Pas vraiment. Pas, une si mauvaise nouvelle non plus, si la vérité éclate, l’Armée Blanche, qui baissera alors, de suite, dans l’estime de Lux et des PDGs. Bonne chose. Un conflit interne ne pouvait pas faire de mal. Que l’intérieur s’affaiblisse. Cela rendait plus fort Gaïa. Il lui faudra jouer les équilibristes avec la chose. Il y arrivera. Gon laissera faire les choses d’elles-mêmes. Il verra s’il doit intervenir. Les nouvelles, elles n’étaient jamais bonnes ou mauvaises. De toute façon. Il le fera bien. L’équilibriste. Il n’était pas censé avoir eu ces informations. Il fera, comme si, il ne les avait jamais eues. C’était aussi simple que cela. Il restait Ceara. Qui avait quand même croisé... une femme splendide... ? Super. Quelle information imprécise ! Elle en avait d’autres comme ça ? Elle n’avait pas plus précis ? Gon se contentera de ça. C’était fâcheux. Mais bon. Elle s’était donc échappée avant même de finir prisonnière là-bas. Il avait sa version des faits. C’était une bonne chose. Il avait eu un début de réflexion, à comment il allait bien aborder tout ça. Mais, le plus important restait, que Ceara, soit en sécurité. Ce qui, était le cas, si elle restait en forêt. Il y avait, bien sûr, cette condition forte. Lourde. Et, c’était à espérer qu’elle allait y rester. En forêt. Car, Gon n’était pas dénué de réflexion. Il savait écouter. Non. Il redoutait déjà quelque chose. Anticipant. A ce qu’elle avait insinué qu’elle n’aimait guère être prisonnière, il ne pouvait que s’en inquiéter un peu, car, cela pouvait poser problème, peut-être pas aujourd’hui, mais, peut-être pour les jours à venir. Plus tard. Puisque, il restait à savoir, si, la forêt, finirait-elle pour elle, à devenir une prison ? Si, Dawn City, n’allait pas l’attirer. Elle n’arrivait à peine à tenir distance d’un seul et unique pas. Gon se méfiait. Elle ne tenait pas les distances. Pourquoi tiendrait-elle celle entre Gaïa et Dawn City ? Il ne doutait pas de sa fidélité. Mais, il sentait très bien et de plus en plus, sa rébellion. Sa taquinerie. Or, il fallait qu’elle fasse plus qu’attention à Dawn City. Il ne fallait pas taquiner Dawn City. Gon se demanda pourquoi. Mais pourquoi. Avait-il affaire à une petite rebelle... !? Ça allait compliquer bien des choses ! Parce que, oui, mine de rien, Gon, c’était ce qui le préoccupait : qu’il ne lui arrive rien. Mais bon. Ça, il n’allait pas lui dire non plus. Il le disait à aucun vert. Alors, pas plus à elle. Il n’y avait d’exception pour personne.

Il lâcha un très léger soupir. Minime. Il revint à Ceara de regard. Il était resté jusqu’ici les bras croisés. Toujours. Il leva pourtant un bras. Et, Gon posa ses doigts d’une main sur son propre front.  

- Et maintenant ? Tu ne te sens pas trop perdue ?

C’était la question. Pas sur la moquerie. Non. Pas lui. Pas son style. Froid. Par contre. Toujours. Ça aurait pu être plus chaud. Jamais. Pas avec Gon. Pierreux. Gon venait d’assister, à ce qu’elle ne maîtrise pas ses dons, à ce qu’elle ait eu aussi, une histoire, compliquée, à chercher refuge dans la mort, avant Gaïa, et, à ce qu’elle dise au final, que Gaïa avait des plans pour elle, sans savoir quoi – donc, peut-être perdue. Il recroisa les bras. Les mains, bien sur les bras.

Gondrand anticipa. Car, madame n’avait pas confiance.  
- Ce n’est qu’une simple question. On dirait que tu l’es un peu...

Au cœur des choses. Factuel. Il s’en fichait bien de tout l’enrobage qu’elle lui faisait. Qu’elle lui faisait subir même. Il y allait direct. Terreux. Ce n’était pas du tout une question piège. Gon s’interrogeait là et interrogeait. Gon se demandait aussi, si elle allait vraiment pouvoir s’en tenir à la forêt. En cette forêt. Elle en était le pilier. Après tout. Mais, était-elle encore dans cet état d’esprit ? Elle, qui, s’était présentée, légère, en Pilier de l’Air. Le lourd en doutait alors. Peut-être pas qu’elle n’était pas encore dans cet état d’esprit. En même temps, Gon, il ne jugeait pas. On ne pouvait pas demander à un frais pilier de le devenir en claquant des doigts. C’était doux. Sa question. Si, elle n’était pas perdue. Malgré le froid. Ceara n’allait pas tarder à le remarquer, que c’était doux. Parce que, ce qui allait suivre, allait être bien plus sévère.

Gon l’eut d’ailleurs. Le visage sévère. Intransigeant. Inflexible. Il n’atténua qu’à peine la chose par une entrée en matière, succincte, parce que, il s’adressait au pilier de l’Air, si opposé à lui, pilier de Terre, il le constatait, alors, il fallait peut-être introduire la chose...  

-Je vais dire des choses qui vont peut-être te paraitre... Je n’en sais rien... Disons... spéciales à entendre. Je suppose que c’est inutile de le préciser, mais, je vais quand même le préciser : évite Dawn City. Tu pourras ?

Ce n’est pas à ton avantage de me mentir à ce sujet, maintenant ou à l'avenir. Parce que, je finirai par le savoir, si tu vas à Dawn City. Si tu t’y rends, malgré tout, ne t’y fais vraiment pas remarquer. Pense à y être muette par exemple.


Dit-il avec un petit sourire en recoin de lèvres. Fugace. Très fugace. Esquissé. Parce que, oui, les sourires, rares, chez Gon, mais, cela arrivait. Quand même ! Gon reprit, de suite, avec, sourire bel et bien effacé, et, paroles, sur, le ton, toujours, posé.  

- Évite ces jours-ci. L’Armée blanche à ton portrait. Elle te recherche.
Et, la plus importante chose que j’ai à te dire, sache-le, c’est que je ne ferai rien si tu te fais prendre. Rien.


Il laissa un silence. Après cette lourdeur. Catégorique. Qu’elle entende bien. Ça, pourtant, le dernier propos, c’était un mensonge de Gon. Et, Gon mentait bien. Il cachait bien. Il ferait quelque chose. C’était certain. En souterrain. Par-dessous. Mais, il fallait annoncer la couleur. Il fallait qu’on croie – tout le monde – qu’il ne ferait rien à Dawn City pour les verts. C’était le prix à payer. Qu’il passe pour un c******. Peu importait. Il s’en fichait. On pouvait lui cracher dessus. On pouvait. Il resterait de Pierre. C’était comme ça. Point final. Sinon, sinon sa double couverture volerait en éclats. Et, il fallait la préserver. Coûte que coûte. Cela faisait partie d’un équilibre. Folie pour un pilier de se pointer à Dawn City ? Il était mal placé pour le dire. Il était mal placé pour lui dire que c’était interdit. Il y était en permanence. Lui, en fait, c’était plutôt l’inverse : il était risqué de se rendre en forêt pour lui. Il évitait. Et, lorsqu’il le faisait, comme en ce jour, il le faisait avec discrétion folle. Mais, elle ne s’en rendait peut-être pas compte. Peu importait. Il n’allait pas lui raconter sa vie. Il prit soin de lui transmettre l’information que l’Armée Balance avait son portrait. Et, pour l’heure, le diffusait. C’était moins culotté. Et vrai.

Au moins, il n’aurait pas à en découdre avec le Crystal... si Ceara rencontrait un problème en dehors de la forêt... Tant mieux ! Gon n’avait aucune influence sur le Crystal. Lui. Non.  

-Mais, si tu as besoin de te rendre au Crystal Palace, en Gaïa libre, vu que tu as un lien avec, même si minime, et que L’Armée Blanche te pose problème, je ferai en sorte de te faciliter le chemin jusqu’au Palace.

Tu n’auras qu’à me prévenir. Enfin... Prévenir les rebelles. On me passera le message à Dawn City.


Oui : il influencerait à attirer l’Armée Blanche sur autre chose. Mais, il n’allait pas lui dire comment. Pas son style. Espérant alors déjà, qu’elle n'en fera pas de caprices, parce que, le leurre, attirer l’attention ailleurs... pour sûr... ça ne pouvait qu’être sur les verts... les leurs ! Elle n’avait pas à le savoir. Gon gérait sa propre culpabilité. Il ne la partageait pas. Jamais. Pas son style. Et oui : prévenir les rebelles. Parce que, il n'allait pas venir tous les jours en forêt ! Plus que certain.  

Il marqua une courte pause. Le ton s’allégea.
-Des questions, Pilier de l’Air ? Ceara.

Finit-il. Avait-elle des questions ? En général. Parce que, Gon, ne voyait pas quoi ajouter. Lui, qui restait, toujours, très factuel. Il y avait, comme une mise à distance, en rappelant là, son statut de Pilier de l’Air. Cela ressemblait beaucoup à Gon. Il fallait s’y faire... ou pas ! Il cita son prénom que pour atténuer un peu. Et, à vrai dire, c’était aussi, quelque part, une marque de respect. Et donc, d'égal à égal. Mais. Toujours. Avec lourdeur. Poids. Respect. Il était rare que Gon laisse une ouverture à quelqu’un que de lui poser des questions. En général. Comme ça. Ça n’arrivait pas souvent. Mais, Ceara ne le savait peut-être pas encore...


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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Ceara le Dim 26 Juil - 8:38

"Je vois." Je vois. C'était tout ce qu'il avait à dire ?!
Ceara était médusée. Se moquait-il en retour à ne pas réagir ainsi ? Elle s'ouvrait un peu à lui en racontant quelques brides de son passé. Même si elle faisait sa chieuse - et avec talent - la brunette n'expliquait son échappée qu'à peu de monde. Il était le premier en vérité, avec tant de détails en tout cas. La jeune femme considérait qu'entre piliers, ils se devaient de poser cartes sur table. Ils devaient apprendre à se faire confiance pour mieux avancer ensemble. Ca se voyait pas du tout dans ses actes mais l'idée trottait belle et bien  dans un coin de son cerveau... En revanche, Gondrand, il voyait. Et ça s'arrêtait là. Agacée, Ceara fourra ses mains dans les poches de son pantalon trop large et le dévisagea en silence, attendant qu'il ajoute quelque chose. Elle faisait un véritable effort étant donné son impatience légendaire mais son entêtement gagna cette guerre et elle se tut. Heureusement, Gon ne tarda pas à s'exprimer à nouveau, provoquant un froncement de sourcils chez la concernée. Il se foutait vraiment de sa gueule en fait. Et pourtant non ! Il précisa rapidement - lisant visiblement dans les pensées du second pilier - que non et Ceara se détendit un peu. Elle restait confuse malgré tout. Pourquoi demandait-il cela ? C'était évident non ? Elle découvrait un tout nouvel environnement, un nouveau monde même ! Comment ne pas se sentir perdue ?

"Je... Un peu oui... Mais ça finira par passer. Ca fait que quelques jours que je suis ici après tout..."

S'inquiétait-il vraiment ?
Papa Gondrand réapparut bien vite avec ses remontrances. Il lui faisait la morale comme à une gamine encore. Un bien mauvais père au fond, il ne la sortirait même pas de la merde si elle s'y mettait ! De quel côté était-il vraiment au final ? Ca agaçait profondément Ceara qu'il semble neutre face aux deux camps. Il gardait une distance qui lui déplaisait. Déjà plus tôt, lorsqu'il se changeait en statue - impressionnant d'ailleurs ! - n'était-ce pas pour mettre une distance supplémentaire entre eux ? Comme ce pas au tout début... Il avait donné le ton avec. Quel était donc le but de sa venue ? Il voulait voir sa gueule, lui donner des ordres puis se barrer ? Se dire qu'il avait complété sa part du marché, qu'il s'était déplacé et que malheureusement, ils ne s'entendaient pas. Dommage. Tant pis. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire de toute façon ? Il passait sa vie dans une baraque luxueuse où un claquement de doigts suffisait à obtenir le moindre de ses désirs.  

Et maintenant, il proposait de l'aider. Non mais il fallait qu'il se décide à la fin ! Sur quel pied comptait-il jouer ? Celui de l'homme froid et distant ou celui du pilier fort et présent ? Ceara avait d'autres chats à fouetter pour le moment qu'aller faire la fête au Crystal. Ca pouvait largement attendre et de toute façon, elle était assez grande pour s'en sortir d'elle-même. Il ne disait même pas comment il ferait diversion pour l'armée blanche. Envoyer des fausses informations ruinerait sa couverture et Ceara ne se faisait pas d'idées là-dessus. Aucune chance qu'il ne se mette davantage en danger. En même temps, avec une tête pareille, pas étonnant que personne ne réalise son double jeu. Alors oui, elle en avait des questions. Et pas qu'un peu.

Son regard se planta une nouvelle fois dans le sien. Toujours aussi déterminé et fougueux.

"Oui."

Simple. Bref. Mais ça annonçait la déferlante qui allait se produire.

"J'ai des milliers de questions et t'as pas réponse à tout. Déjà, pourquoi moi ? J'ai visiblement rien d'un grand leader charismatique et sensé comme toi. J'ai jamais mené personne. Mais ça, tu peux pas le savoir. Y a que Gaïa qui le sait. Mais toi... Pourquoi tu restes loin comme ça ? Qu'est-ce que ça te coute de t'ouvrir un peu ? J'vais pas venir débouler dans ton bureau au milieu de Dawn City, tu peux te détendre. J'suis pas complètement stupide au point d'aller courir dans les rues en gueulant. Je sais que je suis recherchée, ça m'étonne pas : je me suis échappée ; et ça m'arrangerait bien qu'on me croit morte. Mais franchement... Tu m'énerves."

Et profondément. Ca se voyait bien à ses sourcils fort froncés et son air frustré.

"On est deux Piliers. J'ai pas besoin d'un père qui me fixe mes limites. Si c'est à ça que tu veux jouer, c'était pas la peine de venir ici. Pourquoi t'es venu d'ailleurs ? Pour me dire bienvenue et voir à quoi je ressemble ? Parce que c'est pas utile cette discussion. J'dis pas que j'aide à la rendre plus pertinente mais j'ai besoin de savoir qui tu es. J'ai besoin de savoir comment tu aides les nôtres sans que ça soit eux qui m'expliquent. Je veux l'entendre de ta bouche que tu es de notre côté et que tu nous supportes. J'ai pas besoin d'écouter tes conneries comme quoi tu m'aideras même pas si je suis dans la merde ! Parce qu'on est sensé s'aider non ? De même qu'on viendra te sortir de là si jamais tu te fais chopper. On est sensé être loyal les uns envers les autres. Mais je peux pas écouter les conseils d'un mec qui me montre pas qui il est. Comment je peux te faire confiance comme ça ?"

Parce que c'était le réel problème entre eux. Il leur fallait une confiance qui semblait bien difficile à acquérir. Ils étaient du même côté après tout. Elle utilisait d'ailleurs le nous pour décrire le peuple de Gaïa avec naturel, malgré son rôle récent. Ca prouvait encore une fois de sa dévotion.

Soupirant lourdement, Ceara glissa sa main dans ses cheveux, les renvoyant un peu en arrière. La tension se dénouait dans ses épaules légèrement.

"Je dis pas que je suis mieux, ou que ça arrivera en deux heures. Je suis plutôt méfiante et tu es dix fois pire j'ai l'impression. Mais tu m'as demandé si j'étais perdue et oui. Je suis perdue. Je connais personne ici. Tout est nouveau, tout est frais. C'est agréable de découvrir ce monde mais c'est effrayant. J'ai encore plus peur de pas être à la hauteur du rôle qu'on m'a donné. Je ferai tout ce que je peux pour aider et soutenir les nôtres mais ça veut pas dire que j'y arriverai..."

Elle ne le regardait plus maintenant. Ca lui coutait un peu d'avouer tout cela mais maintenant qu'elle était partie, plus rien ne l'arrêtait. Il lui avait bien demandé si elle était perdue après tout. C'était qu'il s'intéressait plus que son visage inexpressif ne laissait transparaitre.

"J'ai besoin d'être sure de pouvoir m'appuyer sur toi."

Ses iris noisette se redressèrent. La mesquinerie était tombée. Elle était sincère et cela se reflétait sur son visage étrangement calme. Un léger sourire, fugace, vint même s'étirer sur ses lèvres.

"C'est ton rôle non ? Pilier de la Terre. Solide, fort. On peut compter sur toi, toujours présent. C'est ce que les gens disent de toi en tout cas. Ils te respectent beaucoup... pour la plupart."

Une légère grimace de gêne déforma son visage avant qu'elle n'ajoute :

"Honnêtement, j'étais plutôt contente à l'idée de te rencontrer... Ca se voit surement pas mais ça me touche vraiment que tu viennes dehors pour me voir moi. J'ai rarement eu tant d'attention, mais tu peux surement pas comprendre ça. Bref, ça m'énerve vraiment que tu sois riche. Parce que je déteste les riches. Je l'ai jamais été et franchement, vu les clients qui trainaient dans le bar où je bossais, ça donnait pas envie de vous connaitre..."

Apaisée, une brise légère voleta autour d'eux, les caressant doucement. Elle avait sorti presque tout ce qu'elle avait sur le cœur et ça soulageait.

"Je suppose que t'es différent. J'espère... Et ma question c'est ça : est-ce que tu pourrais poser le masque quand tu es avec moi et me laisser voir qui tu es ?"

Parce qu'au final, c'était ce qui la dérangeait le plus.

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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Gondrand Dan Veck le Mer 29 Juil - 21:15

Gon regretterait déjà de lui avoir demandé si elle avait des questions... Il le regrettait... !

Ceara avait tant d’aisance à parler. Tant. C'était à croire qu’elle ne perdait jamais un souffle au vent. Jamais. Gon, lui, avait appris, dès enfant, et avant même de devenir le Pilier Terre, à tourner plusieurs fois la langue dans sa bouche, avant de parler. Limite, à lever la main afin de demander s'il pouvait prendre la parole, et donc, prendre la parole, seulement et seulement si, on lui autorisait. Gorge déjà terreuse. Elle, les paroles s’enchaînaient. Gon était alors, loin d’imaginer que Ceara ne s’était pas confiée déjà à quelqu’un, sur son histoire. Qu'elle en avait déjà parlé. Il ne s’était pas posé la question, à vrai dire, trop factuel. Bien trop.

Elle était un peu perdue. Mais, elle rassura : ça passera. Il lui fallait du temps. Et, Gon sentit que la Pilier d’Air alors, n’avait pas besoin d’aide visiblement là-dessus. De là, il avait vu le Pilier de l’Air, enfoncer, presque, lourd, les mains dans ses poches, mais, bizarre, léger, à la fois. Gondrand venait de dire qu’il ne ferait rien si on la prendrait. Cela ne lui avait pas plût. Bien normal. Mais, pas à la façon qu’aurait cru Gon. Décidément ! Non. Elle montrait beaucoup de détermination. Un élan. Une fougue. Difficile à fatiguer la Ceara ! Gon eut le droit à une tornade. Une tornade. Fort heureux, qu’en discours.  

Gon, bras croisés, écouta. Attentif. Elle dévoila en éclat ses états d’âmes. Ce qu’elle redoutait. Elle dévoila ses ennemis : ses pensées noires. Elle ne comprenait pas pourquoi elle. Pas leader. Selon elle. Et que, Gaïa le savait. Quoi ? Qu’elle n’avait pas confiance en elle ? Qui avait décrété qu’un leader devait être... comme lui... comme Gon ? Et, qui avait décrété, qu’elle n’avait pas de charisme ? L’androgyne. Gon pensait que, net d’entrée, ce physique imposait un certain charisme. Ce dernier avait fait discussion au Conseil Lux. Il était difficile d’avoir affaire à un androgyne. Et, d’autant plus, une femme androgyne ! L’androgénie, c’était être entier, alors que, un homme ou une femme, recherchait une autre moitié, en un homme ou une femme. Un androgyne. Lui. Non. Il avait déjà tout. Enfin, de physique, on avait l’impression. On avait, de base, pas l’impression qu’il cherchait quelqu’un d’autre. Qu’il ne se sentait pas incomplet, comme la plupart des autres. Gon trouvait ça déjà très charismatique. Mais bon. Gon avait une logique parfois... Lui, ça lui plaisait assez bien, d’avoir affaire à une androgyne. C’était déstabilisant. Et, lui, il aimait bien ce qui était déstabilisant. Enfin, il le respectait. L’inflexible. Gaïa, ou, plutôt, elle, avait décrété, n’importe quoi ! Ce manque de confiance en soi frappa Gon. Pourquoi elle n’avait pas confiance en elle ?  

Qu’il serait bien de la croire morte ?
- Ça peut s’arranger.
Lâcha Gon vif. Toujours. Vif. Sur les trucs qui impliquaient action. Mais, il ajouta, pour ne pas qu’elle croit qu’il voulait la croire morte. – Je veux dire. Qu’ils croient à ta mort.

Gon, si on lui disait, de ramener un verre d’eau, il le ferait aussitôt ! Gon quoi. Il fallait s’y habituer. Oui, ça pouvait se mettre en scène : sa mort. Mais, il la laissa poursuivre. Pourquoi il était venu ? Gon leva les yeux au ciel. C’était évident. Pour voir si elle allait bien. Pour voir si elle avait besoin de soutien. Parce que voilà quoi ! Merde ! Il finit par mettre une main à la taille. L’autre main, le long du corps. Son regard revint sur elle, lorsqu’il lui dit qu’elle avait besoin de savoir qui, il était. Mais pourquoi ? Il fronça un sourcil. Elle avait besoin de savoir comment il aidait les leurs. Elle perça, accusa, fouet du vent, l’argument qu’il n’aiderait pas les leurs à Dawn City. Argument sur lequel il restait, en général, sur ses positions. Point barre. Le sortir de là, si jamais il se faisait choper ? Tiens. Dire que Gon n’y avait jamais pensé. Non ! Les leurs n’avaient pas à le faire ! A prendre ce risque inutile et stupide. Comment pouvait-elle lui faire confiance ? Eh bien, le faire ! Gon avait envie de lui répondre. Il était de Gaïa. Cela ne suffisait pas ?

Apparemment non !

Elle soupira lourd. Mais, ce n’était que pour s’alléger. Plus légère. Cheveux en arrière. Épaules dégagées. Elle confirma de nouveau qu’elle était perdue. Jetée dans un monde. En solo. Peur de ne pas être à la hauteur. Elle fera, quand bien même, tout ce qu’elle pouvait pour soutenir. Gon aurait pu lui tisser un léger sourire. Mais, elle brisa la chose, à dire, qu’elle ne savait si, elle y arriverait. Alors, il ne le fit pas, ce sourire. Il avait, cependant, délié son bras, de la main posée sur la taille. Les deux bras le long du corps. Il la regarda baisser le regard. Elle avait besoin d’un appui. Lui avoua-t-elle. Gon roula les yeux azurés sur le côté. Si ce n’était que ça... c’était assez simple pour le Piler de la Terre...

Elle redressa son visage. Alors, le visage vrillé un peu sur le côté de Gon, revint à elle. Elle se révélait calme. Il y avait beaucoup d’émotivité chez elle au final. Gon remarqua qu’elle n’avait pas les yeux si foncés. Pas ébènes. Marrons. Elle reprit un peu plus sourire.

Elle lui demanda, en fait non, elle lui dit, lui affirma, que c’était bien son rôle, que d’être, solide, fort, et, toujours présent. Si on le respectait pour cela ? Gon ne le savait pas trop. Il se savait sévère. Intransigeant. Alors, oui, peut-être, ou, peut-être pas. Il ne savait pas trop. Pas même s’il savait si ses salariés appréciaient leur PDG. Tout cela. Il ne savait pas. Factuel. Bien trop.

Ceara grimaça un peu avant de reprendre. Gênée ? Peut-être. Gon entrouvrit les lèvres soudain. Elle était touchée qu’il vienne dehors pour la voir. Mais. C’était normal ça !  Non. Pas selon elle. Elle n’avait jamais eu autant d’attention. Gon scella de nouveau les lèvres. Les sourcils un peu froncés. Il comprenait mieux, en quelque sorte, pourquoi elle parlait de flatterie. Pas vraiment touchée par la flatterie hein ? L’attention. Gon, en tissa un petit sourire en un recoin de ses lèvres. Fugace. Il s’échappa. Il fallait bien qu’il respecte son sérieux à le rester. Sérieux. Elle expliqua, pourquoi elle avait les nerfs sur lui : sa richesse. Qu’elle détestait les riches. Parce que, elle avait bossé dans un bar, et, elle en avait eu pour clients, laissant... laissant taire le reste... et... lâchant un... vous ? Elle le mettait dans le même panier que tous les riches. Gon se demandait bien ce que les riches lui avaient fait, pour finir par les haïr, se remémorant le regard haineux qu’elle avait eu sur lui... Elle s’apaisa. Elle venait de souffler, peut-être, les derniers pans de son histoire, en tous cas, quelque chose qu’elle ne devait pas raconter à tous. Gon finit par le comprendre. Elle n’avait pas dû raconter tout cela à quelqu’un d’autre. Enfin. Disons. Peu de monde. Une brise légère se leva. Gon y resta de roc. Mais, les cheveux, ne pouvaient qu’en voler un peu. C’était une caresse sur le visage. Rien à voir avec la précédente vague de vent. Celle-ci invisible. Perceptible que de la peau. Gon s’en laissa caresser. Il ne fit rien de la Terre. Gon était si peu entouré de douceur.

Elle finit. Elle avait une question. Au final qu’une. Mais, Gon, attendit, patient, avant de s’en réjouir, et, il le fit bien ! S’il pouvait lever le masque avec elle ?! Hein ?! Gon vrilla, de suite, le visage sur le côté. Lui-même, un peu sur le côté. Le refus sec. Sourcils froncés. Il croisa les bras. Non. Mais. Franchement ! Il avait le regard plus qu’acier. Dents serrés. Dents serrés et tatouage animé. Qui s’anima. Gon eut un instant colérique. Le visage aussi. Il eut un léger trouble sur la terre à deux pas d’eux. Il eut une brèche sur la surface du sol qui se forma. Déchirure. Il eut, alors, une légère secousse avec. Car, il eut un instant où Gon, déchiré en deux, s’interrogeait.... se disant... se disant que c’était le Pilier de l’Air. Quand même ! Fallait-il faire une exception ? Il s’était toujours cru seul. Parce que, c’était dans sa nature, et, parce que, il l’était, il l’avait toujours été. Jusqu’ici. Mais, il rencontrait là un Pilier. Et, pas n’importe lequel, son Pilier contraire ! C’est-à-dire, complémentaire. Gon, qui résista, à rester sur sa méfiance, se demandant, à quoi jouait-elle... refusant aussi... cette demande...! Il eut un doute, une méfiance... mais... Il soupira. Et, la fine brèche sur la surface du sol, non loin, n’alla pas plus s’étirer. Non. - Pardon pour ça.

Il revint à elle de nouveau. Doux. Le regard adouci.
- D’abord.

Dit-il. Les bras le long du corps. Il s’approcha d’elle. Assez pour poser les deux mains sur ses épaules. Les épaules dégagées du Pilier de l’Air. Avec, un petit sourire fugace, sur la parole à venir,

- Au risque de faire mon moralisateur...

Gon poursuit doux et posé,  

- Personne n’est un leader naturel. On le devint. Chacun à sa manière. Tu seras à la hauteur. Cela suffit d’avoir la volonté de tout faire au mieux pour les nôtres. Tous ne l’ont pas cette volonté. Tous ne se préoccupent pas des autres au point d’oublier propre personne. Seuls, les piliers et les leaders, ont cette volonté. La plupart des personnes ne pensent qu’à leurs propres intérêts non ?
Même parmi les nôtres...


Il relâcha les épaules de Ceara.
Il recroisa les bras. Bien sur ses positions.

- D’ailleurs. Je ne suis pas certain que l’on soit des leaders. C’est difficile de se le dire. Que les nôtres suivent parfois leurs propres intérêts. Seuls les leaders peuvent faire avec ce poids non ? Les Piliers ont une fidélité sans faille à Gaïa. Et les autres des nôtres ? Je n’arriverai jamais à rien si je remettais en question la fidélité des nôtres. Je ne suis pas un leader. Je fais en sorte que les rebelles se procurent de tout ce qu’ils ont besoin. J’utilise les richesses que j’amasse à Dawn City pour cela. Ce n’est pas vraiment une attitude de leader. Si ? Je ne gère pas les nôtres...

Il reprit.

- Kalliope est un leader. Elle éclaire sur les directions où les rebelles iront. Elle désigne où aller. Elle rassemble malgré les intérêts de chacun. Nous, sommes-nous comme ça ? Peut-être que toi oui. Moi... c’est une question que je me suis posé... et, je me suis dit que non. Je me trompe peut-être. Mais, je m’imagine mal désigner un endroit à attaquer ou à défendre. J’en suis incapable. Leader... En PDG. Qui exploite la terre. Avec une centrale géothermique. Fils de PDG. C’est naturel. En Gaïa. Pour les nôtres. Je suis ne suis qu'un support. Un bon support. Je suis la Terre. Je facilite le chemin. Je prépare le terrain. J’aide...

Gon hésita qu’un instant. Il prit une voix plus terreuse.
- J’aide souterrain. Si je le pouvais. Si c’était aussi simple. Pomper. Avaler. Toutes les richesses de Dawn City. Pour l’affaiblir et redonner la terre, aux nôtres, cette terre, qui a été polluée et qui a été dérobée à Gaïa... Je le ferai. Mais... Ce n’est pas aussi simple. Je dois donner aux rebelles ce que je peux pomper. C’est plus réaliste. C’est aux rebelles de récupérer la terre qui a été perdue. C’est une assez forte frustration de ne pas pouvoir leur rendre une terre en Pilier de la Terre...

Finit-il. Affecté. Mais, colérique de visage, pour le dissimuler.
- Présent. Oui. Peut-être... Je ne suis pas vraiment présent. Je le serai si nous n’étions pas en guerre. J’imagine...

"J’imagine". Il avait lâché. Car, en fait, Gon n’avait jamais été en forêt. Quelque part. Alors, il eut un regard pour la Terre. Tout de suite. Moins confiant. Moins sûr de lui. Il ne s’était jamais posé la question. Mais. Malgré tout. Le propos resta sincère. Bien que plus hésitant.  

- Je protégerai sans doute la Terre ici... si nous n’étions pas en guerre. J’aiderai les nôtres à bien gérer les ressources de la Terre pour prospérer. Je conseillerai les leaders des nôtres à le faire. Mais... de toute façon... Nous sommes en guerre.

Il revint à Ceara.

- Je ne peux qu’être distant. Souterrain. Je dois agir comme un blanc à la surface. Ce n’est que la surface. Ce n’est pas important. La surface. L’apparence. Tout ça, ça n’importe peu. Mon apparence appartient aux blancs.

Et puis... la véritable richesse n’a toujours été que sous la Terre...


Dit-il. Il leva le pied en arrière. Il tapota la terre du bout des pieds. Il remit ce pied bien au sol.
Campé. Bien droit. Droit sur ses positions. Le Pilier de la Terre.
 
- C’est quelque chose qui te parle, Pilier de l’Air ?

Dit-il avec un petit sourire. Il leva les yeux au ciel. Le visage un peu donc aussi. Vers le ciel. Le ciel, c’était à s’y perdre. Un gouffre. Comme celui d’un tunnel dans la Terre. Mai vraiment différent. Avec, un Soleil, si loin, une Lune, si loin. Gon s’y perdrait facilement.  

Il revient à elle. D’abord de regard. Puis, de tout le visage.
- On est par nature très éloigné. Différent. Je n’en sais trop rien. Peut-être pas autant qu’on l’imaginerait...

Il reprit.  

- Tu pourras t’appuyer autant que tu le voudras sur moi. Tu es mon pilier contraire. C’est bien normal. C’est juste que, oui, tu devras t'y faire, Dit-il dans un beau sourire doux fugace qui d'un naturel désamorçait et rassurait, tranchant avec le réservé, mon apparence, mon apparence, c’est vrai, de riche, de conseiller à la Tour Lux aussi, tout ça, parce que, tout ça, appartient à Dawn City, pour aider les nôtres, mais, toujours, aider sous la surface. J’en serai libéré de cette apparence, que lorsque les nôtres triompheront. Et ils triompheront. J’ai confiance. Absent. De la forêt. Être là-bas. Aux nôtres, donner des richesses. Car, celles de la Terre ne suffiront pas... C’est ma façon d’être présent. Il me faut croire que la forêt est en sécurité. Même si c’est faux. Alors, ce n’est pas toujours évident. Ça doit l’être. Et puis, maintenant... maintenant que tu es là, j'imagine qu'elle va être davantage en sécurité non ? Solide. Fort. Je le serai toujours. Fais-moi confiance là-dessus.

Et, d’ailleurs, si je me fais prendre,

Sourit-il fugace,
- Évitez de venir m’aider
Il effaça son sourire.  - Il n’y a pas que toi qui sais se faire petit.

Qui enfermerait un vulgaire pauvre caillou parmi des cailloux ? Du gravier ! Il faudrait être stupide non ? Mais, peut être que, Gon était trop sûr de lui. Il fallait l’être, pour être PDG blanc et Pilier Terre. Et puis, Gon, il allait bien redevenir distant, un peu !

- Si je me fais prendre... C’est que j’ai été stupide. Alors ne venait pas. Ça ne vaut pas le coup d’aider un seul homme avec plusieurs. Encore moins quelqu’un qui s’est fait prendre et qui a de fortes chances alors, de se faire reprendre. Autant d'abord libérer Morgan. Ça sera plus utile pour les nôtres que je reste prisonnier là-bas, si je le devins. Un jour, j’y déchainerai ma colère, le jour où les rebelles frapperont fort, et, une prison n’y changera rien. Enfin je crois. Il y a peut-être, une technologie qu’ils possèdent qui pourrait m’affaiblir... mais... il faudrait déjà qu’ils me la posent... et me gardent en vie... Non. Laissez-y-moi.  

Dit-il terreux. Et, la Terre, la Terre, elle était parfois bien cruelle. Envers tous et envers soi-même. Déterminée morbide. Parfois. Elle s’éventrait elle-même. Après tout. En une fissure. En un gouffre. Sur le rien. C’était quelque chose d’effrayant mais... c’était bel et bien dans la terre qu’on retrouvait les os de tous les êtres vivants sans exception – même les oiseaux du ciel. Après tout !
Et puis, un égo pétrifié ne pouvait que dire cela.

- Je suis vraiment inutile en forêt... une brute incontrôlable...

Dit-il, le dompté de Dawn City. La tête, pourtant, pas baissée. Mais, détournée, sur la brèche qu’il avait laissé se marquer sur le sol. Colérique. Cela pouvait être assez honteux de l’avouer. Il ne le disait pas à tout le monde. C’était certain. Gon gardait bien trop. Il ne vivait pas comme un Gaïa la plupart du temps. En forêt, c’était comme, lâcher alors, un trop vite dompté et le remettre à la vie sauvage. Non ! Il était fort heureux qu’il gardait ses habits de blanc pour se balader en forêt... ! Qu’il restait blanc en surface. Une brutalité, emmagasinée, qu’il comptait bien relâcher, le moment venu. Le Pilier Terre.

- ... autant que je me déchaîne là-bas non ?

- Je dois t'avouer que, ça me va bien, peut-être aussi, cette situation, il faut être honnête... Je ne saurai pas vivre en forêt. Je n’y ai jamais vécu depuis que je suis Pilier. Quelques années déjà. Je suis vraiment incontrôlable ici...

Ajouta-t-il même. Il regarda les arbres au loin. Il revint à elle. Il l’aurait bien dit, s’en rendant compte en parlant, que, tout compte fait, il avait peut-être bien besoin d’un appui lui aussi... mais bon... n’était-ce pas... pas rassurant... d’entendre tout cela ?

Il eut une brève pause.

- Enfin... Alors. Qu'en dis-tu ? Qu’envisages-tu de faire, sachant tout cela ?  

Demanda Gon. Presque curieux.

Il se demandait ce qu’en penserait le Pilier de l’Air. Il n’avait jamais vraiment évoqué cette personnalité à quelqu’un, derrière le si princier civilisé, de... de... bourrin sauvage... !

Quelque part, Gon resta là distant. Il n’avait ainsi, pas expliqué d’où il venait, là-dedans. A peine. Comme, sortir du fils du PDG, et, pas le narrer. Il n’était resté que sur le présent. Mais, il s’était rapproché aussi. D’ailleurs, il avait oublié de faire un pas en arrière. Il était toujours face à Ceara. Près. Il n’allait pas non plus briser la distance en un claquement de doigt... ! Gondrand ne racontait peu sa vie. Et, il venait quand même, de dévoiler, la plupart de ses faiblesses, le Pilier Terre...

Oui... exploser à Dawn City... le moment venu... qu’il attendait patient... ça l’arrangerait bien... compte tenu de son histoire. Gaïa le savait. Gaïa la mystérieuse. En secret. La rage de Gon, pétrifiée, n’attendait que patiente de se déchaîner au bon moment. Après tout...!


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Re: A l’Equilibre. Deux Piliers Opposés (Ft. Ceara)

Message par Ceara le Dim 2 Aoû - 14:46

Ceara sursauta. Le sol se fissurait non loin d'eux. Elle ne s'était pas attendue à une telle réaction. Ainsi, Gondrand n'était pas tant que cela de marbre. Il craquait simplement de l'intérieur, en cachette. La peur l'envahit un instant. Son pouvoir semblait réellement puissant. Elle n'y avait pas réfléchi, elle ne contrôlait rien de son côté et ne ferait pas le poids face à un roc pareil. Heureusement, il récupéra rapidement son calme habituel et elle, sa fougue. La brunette put décrocher son regard méfiant du sol pour le fixer de nouveau. D'un haussement d'épaules, elle le rassura quant à son écart de conduite. Au contraire, elle appréciait complètement qu'il ait perdu son sang-froid ainsi, même le temps d'une seconde et d'une belle frayeur. Un  mince sourire se dessina d'ailleurs sur ses lèvres mais disparut bien vite lorsqu'il reprit la parole. Elle ne savait à quoi s'attendre avec cet homme indéchiffrable et elle fronça les sourcils, se concentrant sur ses mots.

La surprise l'envahit rapidement. Des mains, ses mains à lui, enserrèrent ses épaules. Non... pas réellement au final. Il ne s'agissait que d'un simple contact. Léger mais ferme. Un véritable mélange des piliers Air et Terre. En toute sincérité, si son discours qui débutait ne portait pas un tel intérêt aux yeux de la tornade, elle aurait ri. Oui, ri. Un peu, juste pour se moquer. Puis elle lui aurait demandé s'il avait besoin de quelque chose pour se laver les mains. Parce que la brunette était ainsi. Mais cette fois, elle n'en fit rien. Elle demeura silencieuse, concentrée.

Il la... rassurait ? C'était l'impression qu'elle avait. C'était comment elle le ressentait. Et ça la touchait grandement. Finalement, peut-être que c'était pas un total pourri et qu'il avait quelques bons côtés... Ceara était prête à lui faire cette concession. Il la relâcha à ce moment, mais sa langue ne s'arrêta en si bon chemin. Il parlait encore et encore. Et la petite nouvelle écoutait. Sagement presque. Choquée qu'il soit capable de débiter tant de paroles mais attentive. Après tout, il allait directement dans les sujets intéressants. Gondrand osait enfin s'ouvrir un peu - vu comme il avait été secoué, c'était pas si étonnant-. Il lui montrait son monde et celui des rebelles à travers ses mots et Ceara lui en était reconnaissance.

- C’est quelque chose qui te parle, Pilier de l’Air ?

La remarque lui arracha un sourire, complice presque. Voila que monsieur le PDG se permettait des petites remarques à la frontière de l'humour. Décidément, il se détendait plutôt facilement finalement. C'était bien la peine de faire tout ce spectacle avant !

La distance imposée par Gondrand disparaissait peu à peu. Les deux piliers se rapprochaient. Ils se connaissaient mieux. Ils se soutiendraient - au moins dans un sens. Deux opposés qui pourtant nécessitaient l'autre... Et alors que tout le monde allait être heureux en se tenant la main dans la forêt, des couronnes de fleurs dans les cheveux et des sourires sur les lèvres : Boom! Il reculait encore une fois. La brunette eut presque un grognement de désapprobation. L'abandonner enfermé ? Il la prenait pour qui sérieux ? Elle avait peut-être des défauts (beaucoup même) mais laisser quelqu'un derrière n'en faisait pas parti. Il rappela Morgan à juste titre. Si ses souvenirs étaient exactes, c'était une femme importante. Une belle prise pour la cité Blanche qui s'en réjouissait grandement.

N'ayant pas le temps de poser la question, Ceara se contenta de croiser les bras avec une mine effrontée. Son visage exprimait clairement son état d'esprit : cause toujours. Elle comptait n'en faire qu'à sa tête, comme souvent.

Heureusement, la discussion prit encore une tournure inattendue et elle s'adoucit. Comment ne pas s'adoucir face à une révélation pareille ? Non, en fait le contraire aurait été plus logique. Le craindre pour cette colère enfouie en lui. Une brute prête à exploser, ça n'attirait pas les tendresses normalement... Normalement. Mais Ceara n'était pas normale. Elle-même était sauvage. Alors ça ne l'effrayait pas. Au contraire. Elle se sentait des affinités nouvelles pour cet homme.

Sa question finale tomba enfin et un sourire s'étira sur les lèvres de la concernée.

"Ce que j'en dis ?"

Une lueur de satisfaction brillait dans son regard et cela aurait certainement suffi comme réponse. Elle reprit la parole malgré tout :

"J'en dis qu'on va pouvoir faire avancer la cause maintenant."

S'étirant un peu, la jeune femme se libérait de la tension qu'ils avaient accumulé au cours de cette intense conversation. Désireuse de dégourdir ses jambes trop longtemps figées sur place, elle marcha un peu. Vers la fissure. Attentivement, elle l'observa, la touchant du pied.

"C'est impressionnant en tout cas..."

Ses iris noisette se tournèrent en direction de l'auteur de cette brèche, le fixant en coin.

"Et tu me fais pas peur. Des fois que ça soit ton but, je précise. Au contraire même, ça me rassure. T'es pas un robot finalement, ou un simple rocher dans ton cas. T'es aussi vivant que moi ou les autres."

Se détournant définitivement de la fissure, son chemin reprit vers Gondrand.

"C'est pas une mauvaise chose d'être en colère tu sais ? Je suis tout le temps en colère. Toute ma vie je l'ai été. Et je m'en porte pas plus mal."

Elle haussa les épaules. Pourtant, elle n'était clairement pas une référence en matière de réussite. Elle avait failli se retrouver enfermée au Crystal et mourir. Comparé à la vie que menait son opposé, sa méthode était clairement plus efficace.

"Merci d'avoir pris le temps de m'expliquer tout ça. C'est un peu plus rassurant et plus clair maintenant."

Elle eut un léger rire gêné, glissant sa main dans sa chevelure brièvement.

"Je vais tâcher de me sentir chez moi ici maintenant. Et d'être un bon pilier de l'air. Crois moi, je vais secouer les rebelles un peu parce qu'on s'endort totalement là ! Faut agir, c'est pas en attendant qu'on gagnera quoique ce soit!"

Une bouffée d'air venu de nulle part les balaya. Calmant un peu son ardeur soudainement, Ceara ajouta dans un grognement.

"Bon, visiblement, j'ai encore beaucoup à apprendre. Surtout pour contrôler un peu mieux mon don comme t'as fait en devenant une statue. Je réalise même pas quand je fais quelque chose et j'risque de décimer la forêt à ce rythme."

Le rire fut plus sincère cette fois. Le ton devenait un peu plus léger.

"Tu restes combien de temps au fait ? Y a un truc que t'as envie de voir dans le coin ? Que t'aimes bien ? Je suppose que tu viens pas tous les jours alors profite."

Parce qu'elle doutait de le voir souvent et sa présence lui devenait plus agréable maintenant alors autant profiter tant qu'il était ici. Puis elle était curieuse. Encore et toujours. Quel autre mystère se cachait autour de cet homme ? Elle agissait selon son instinct qui lui disait de coller aux basques de Gondrand, pour le meilleur ou pour le pire.

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