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Salamandre et coccinelle (T) [Gael]

Message par Sax Sparkling le Jeu 9 Oct - 14:13

Les lampes projettent des rayons obliques. Lumières jaunes, lumières rouges, lumières orange. Des angles aigus, droits, obtus, de photons colorés. Une sculpture de lumière. Les lampes sont dirigées vers des compositions. Une branche cassée, une photo trop exposée, des souliers dépareillés…

Les gens passent devant et à travers les yeux extasiés, dubitatifs, indifférents, curieux. Sax Sparkling ne sait pas quels yeux faire. L’industriel a pour l’art le même intérêt que les autres industriels : un intérêt d’ego. Il achète l’art pour son prix et sa valeur marchande. Il l’expose chez lui, il en parle autour de lui. Un peu. Ce qu’il faut pour que les autres sachent qu’il a de l’argent et le luxe de s’intéresser à d’autres soucis que ceux du quotidien. Il achète les toiles lisses, les sculptures souples, les œuvres opaques.

L’art du Crystal en lui-même…

Evidemment, Sax perçoit la spécificité du sculpteur de lumière. Sa personnalité, son anormalité, sa touche, son style. C’est là, la gêne. Il ne comprend pas qu’on puisse ainsi surexposer son identité. Afficher sa sensibilité. Clouer son âme devant le monde. Les artistes n’ont-ils aucune pudeur ?

L’art du Crystal le heurte.

Sax détourne le regard de l’œuvre comme il détournerait le regard d’une inconnue trop dévêtue.

Il n’aurait pas dû venir. Sa belle-mère et son épouse ont insisté pour qu’il les accompagne au Crystal. Une visite culturelle en famille… ? Finalement, Silk n’a pas pu venir. Il est seul avec la mère de son épouse.


- Mère, je vous laisse pour ce soir, je ne me sens pas bien. Excusez-moi.

Il dépose un baiser sur la joue de sa belle-mère qui fronce les sourcils. Les Sparkling se sont fait la guerre pendant des années. Madame Sparkling espérait atténuer la guerre en mariant son neveu Sax avec sa fille. Et débuter une relation détendue avec ce dernier lors d’une visite du Crystal.

- Mon fils, il faudra, un jour, vous décider à me parler pendant plus de six minutes…
- Oh je vous aime, Mère. Mais la chaleur m’étouffe.

La femme tourne la tête vers lui. Un demi-sourire de cynisme bourgeois. Elle voit le visage de son neveu, l’indiscutable ressemblance avec son époux. Sax ressemble plus à son oncle qu’à son père. Il est presque le jumeau, resté jeune, de ce dernier. A ce moment, Madame Sparkling se demande ce que ressent sa fille lorsqu’elle fait l’amour avec un homme qui ressemble tellement à son père.

La vieille dame soupire.


- Il est vrai que ces lampes surchauffent l’atmosphère…

Elle caresse la joue de son neveu. Si elle avait été plus jeune, elle se serait peut-être laissé aller à des sentiments plus tendres avec lui.

- Amusez-vous donc ailleurs.

Elle tourne les talons, le laisse seul devant une composition caoutchouteuse au symbolisme indéterminé.

Sax a un sentiment mauve. Il regrette de ne pas avoir consenti plus d’effort pour sa tante. Il devine les bonnes intentions de sa belle-mère, malgré le passé, entre eux, fait de mots aigres et de trahisons familiales. Il se jure que la prochaine fois, il lui parlera pendant plus de six minutes.

Il est las. Il ne sait pas quoi faire dans l’immédiat. Courir derrière sa belle-mère ? Son orgueil en souffrirait. Rejoindre son épouse ? Si tôt, elle s’inquiéterait de ses relations avec sa belle-mère. Boire un verre ? Seul, cela l’ennuie déjà.

Il sort du Crystal. La bruine humidifie instantanément sa peau. La pluie glisse sous ses paupières. Il cille. Il lève la tête vers le ciel. Temps de *** Il se réfugie sous un balcon. Sa longue veste gris pâle le protège du vent et de la pluie. Pour ne pas rendre la visite inutile, il décide d’envoyer sa matière intérieure visiter les sculptures de lumière à sa place. Dos contre le mur, muscles détendus, son corps expire des atomes de béryllium et de carbone. D’abord invisibles, en nuage métallique, les atomes se rassemblent en grappes puis en molécules. Et dans l’air, des brillances apparaissent comme par enchantement. Des dizaines d’étoiles minuscules volent autour de lui.


- Allez voir pour moi ce qui se passe à l’intérieur.

Les coccinelles sont résolues et pleines de vie. Une à une, elles entrent par la porte, les fenêtres, les soupiraux, les interstices et les vêtements de visiteurs auxquelles elles s’accrochent gentiment. Une coccinelle, cela a bonne image. Les gens n’ont ni dégout ni fascination pour elles. On les laisse tranquilles, vaquer à leurs occupations.

Soudain, Sax sursaute.

Il porte sa main gauche, la gantée de cuir pâle, à sa bouche. Une de ses coccinelles est tombée dans un piège. Malgré la distance, il la sent crier et rager. Elle est furieuse et apeurée. Il est certain qu’elle se met à jurer dans la langue des coccinelles.

L’homme se rue à l’intérieur du Crystal. Qui peut bien en vouloir à une si petite bête ? Un être inoffensif, pas plus grand qu’une tête d’épingle ? Il tâte l’air de son âme. Il essaie de percevoir le moindre bourdonnement d’air, la moindre variation de cri muet.

Il stoppe net devant une sculpture de lumière. Sous un énorme spot brûlant, dans une atmosphère orangée, au milieu d’une composition végétale d’un vase renversé, il y a une salamandre en train de s’étouffer.

A-t-on déjà vu une salamandre s’étouffer ?!


- Hey, ne l’avale pas !!!

L’industriel prend rapidement le batracien noir et jaune dans ses mains. Il regarde l’animal hoqueter, souffler, tenter de cracher. La salamandre n’est pas plus grande qu’un doigt. Ses muscles sont secoués par des spasmes de survie.

- Crache ! Mais crache donc !

Crie Sax, désespéré de voir la salamandre incapable de recracher sa coccinelle. La salamandre a la peau nue, fine, douce, les doigts des pattes menus et le corps si mince qu’elle semble prête à se déchirer à chaque hoquet. Elle est légère, légère,  légère. Il a peur de la toucher. Mais son étouffement n’en finit plus. D’un index, il pousse sur son ventre, remonte vers la gorge et vers la bouche.

Un bruit assez étrange. Une espèce de vomissement timide et humide.

Et une chose est expulsée de la bouche de la salamandre.

Bing ! Biling !

la coccinelle est jetée dans un coin de la pièce. Elle rebondit contre le plâtre, la pierre bleue. Elle se stabilise dans le joint poussiéreux qui sépare deux dalles fendillées. Dodue et menue, argentée et plein de bave, elle lance un regard meurtrier à la salamandre. Si elle pouvait lui faire un bras d’honneur,  elle le ferait.

Sax se penche sur sa coccinelle. Sa mauvaise humeur est manifeste. Il préfère la laisser bougonner quelques instants, seule dans son coin. Elle finira bien par se remettre de « l’incident. ».

Il lève ses mains à hauteur de visage, la gueule de la salamandre tournée vers lui. Une gueule large et plate. Noire et jaune. Très psychédélique. Il ne s’en rend compte que maintenant.


- Elle était bien petite, cette coccinelle que tu convoitais… Pauvre bête, ton maître ne te nourrit pas ?


Dernière édition par Sax Sparkling le Lun 20 Oct - 9:45, édité 1 fois

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Re: Salamandre et coccinelle (T) [Gael]

Message par Gael Whyte le Ven 10 Oct - 18:19

La chaleur caressait doucement sa peau visqueuse. S'il avait été d'une autre race, il aurait ronronné de plaisir. Sous sa forme de salamandre cependant, Gael se contentait de fermer les yeux pour profiter de ce moment de pur bonheur. Personne ne le remarquait dans ce pot de fleurs étrange malgré le fait qu'il soit littéralement sous les feux des projecteurs. Ou du projecteur en tout cas. Seuls manquaient une petite goutte d'eau - de préférence - et quelques gourmandises à croquer pour rendre l'instant parfait. Comme en réponse à sa demande silencieuse, un faible bourdonnement s'éleva. Une vibration silencieuse pour les humains présents mais bien ressentie par l'amphibien aux aguets. Les paupières relevées, l'animal se figea. Il suivait de ses vives pupilles en ellipse l'insecte qui voletait presque joyeusement. Un sourire se serait presque étalé sur ses lèvres inexistantes lorsque la bestiole volante se rapprocha de lui dangereusement. Un léger pas en avant. Faible, imperceptible. Puis un autre encore plus silencieux. Et ensuite...

PAF ! La coccinelle frétillait de mécontentement entre ses mâchoires. Ignorant son bon vouloir, la salamandre tenta de mâchouiller brièvement la bête pour mieux la coincer dans sa salive gluante avant de l'avaler tout rond. Jamais il ne regretta un choix aussi amèrement. L'insecte continuait de se débattre dans sa gorge et l'animal nu se tordait de douleur, tentant d'avaler ou de cracher cette proie bien trop récalcitrante. Depuis quand les coccinelles étaient-elles si résistantes ? Son manège ne passa pas inaperçu et un spectateur se rua bientôt au secours du pauvre lézard à pois qui se tortillait et s'étouffait. L'écrasant avec ses doigts délicats pour le faire cracher, Gael vomit de façon particulièrement répugnante - bien que relativement discrète - la prisonnière solide.

L'homme se détourna de lui tout en le conservant sur son doigt. Simplement agrippé de ses petites pattes sur la peau souple de l'inconnu, la salamandre effectuait quelques mouvements de langue dans sa gueule acidifiée par la remontée de la coccinelle. Déglutissant quelques fois, il tourna ses iris sombres vers le visage immense face à lui. Que voulait-il encore ? Qu'il le lâche ! Ainsi il pourrait filer et reprendre une forme plus convenable ou bien simplement se remettre dans la douce chaleur de ce soleil artificiel. Le brun ne semblait pourtant pas décidé à se débarrasser de la bestiole puis qu'il parlait de maitre. Agitant sa queue agacé, Gael n'osait pourtant pas beaucoup bouger sur cet appui peu stable. Il tenta de remonter vers le poignet pour avoir une prise plus large. Avec de la chance, cela effraierait son pilier qui le déposerait. L'idée lui semblait cependant très invraisemblable. Un gars qui s'inquiétait pour des coccinelles n'aurait certainement pas peur d'un lézard.

Comme la tentative échoua lamentablement, Gael redressa la gueule vers ce grand visage. Mécontent, il exprima ce ressentiment en émettant des bruits tous plus étranges et incompréhensibles les uns que les autres. C'était vain et stupide de sa part. Il ne le réalisait qu'après l'avoir fait pourtant et se résignant, il décida de mordre ce bout de peau devant lui. Plantant ses minuscules dents dans le pouce face à lui, la salamandre recouvrit son épiderme d'une bave visqueuse plus qu'autre chose. On pouvait presque croire qu'elle léchait avec attention son doigt pour montrer une sorte d'affection inexistante. Un remerciement pour son sauveur peut-être...

Quelques agitations se firent entendre derrière eux. L'artiste conviait les invités à se rendre dans la salle suivante où un petit spectacle aurait lieu surement ainsi qu'une dégustation à n'en pas douter. La maigre foule ne tarda pas à s'élancer hors des lieux à la mention de petits fours, ne laissant que la coccinelle enragée, la salamandre frustrée et l'homme couvert de bave qui appréciait ce genre de bestioles étranges.

L'amphibien saisit l'occasion pour se transformer. Reprenant son physique humain, il se retrouva nu comme un ver alors qu'il tenait toujours la main de l'inconnu dans les siennes. Un frisson de froid le parcourut. La lumière du spot ne semblait plus aussi agréable et chaude qu'elle ne l'était quelques secondes plus tôt. Grimaçant, il s'empara des pans de la veste déjà vêtue.

« J'ai froid. Donne moi ça. »

Oui parce que la situation était on ne pouvait plus normal aux yeux du garçon. Il s'empara de la belle veste de l'homme sans lui demander son reste et s'enroula dedans pour se couvrir. Ses doigts tremblotaient toujours et ses lèvres viraient lentement mais surement vers des teintes plus violettes tandis que ses orteils s'agitaient en chœur sur le plancher vernis. Se mordillant la lippe inférieure, il tirait sur le bas du tissu pour se couvrir davantage et marmonna :

« Surprise... et merci... pour le sauvetage... et la veste aussi en fait. »

Un sourire peu convaincu s'étira difficilement sur son visage alors qu'il observait avec une certaine appréhension la réaction face à lui.

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Re: Salamandre et coccinelle (T) [Gael]

Message par Sax Sparkling le Dim 12 Oct - 10:43

- Tu ne penses qu’à manger…

Sax contemple le batracien qui lui mord le pouce. Une morsure infime, un pincement de douceur. Derrière lui, une petite fille aux longs cheveux bruns regarde l’homme qui parle à la salamandre. Elle s’approche, les yeux grands ouverts, fascinée par un animal qu’elle n’a jamais vu.

Dans son joint poussiéreux, la coccinelle observe la scène. Elle se fâche de voir le prédateur qui voulait l’avaler au centre de toutes les attentions. Sa carapace de coléoptère synthétique reflète la lumière orangée dans un éclat querelleux. Patte à patte, elle s’extrait lentement de la bave qui l’entoure encore. Elle bougonne, ses mille yeux rivés au sol par bouderie.

La petite fille lève une main vers la salamandre pour essayer de la caresser. Elle se met sur la pointe des pieds, dans ses souliers vernis. La manche de sa robe rose foncé frôle Sax qui tourne la tête vers elle. Il s’apprête à lui dire bonjour, réflexe de politesse et d’envie de gentillesse… Mais la mère attrape sa fille par la main, salue d’un mouvement de tête.

L’artiste invite les visiteurs à le suivre dans une autre pièce. L’industriel les suit du regard. L’image des dos de la mère et de de sa fille lui rappelle qu’un jour, il aimerait devenir père. Marié à sa cousine au premier degré, peut-il donner des enfants à sa fragile épouse ? Quand on a tout, ou presque tout, pour être heureux, le presque prend des proportions désespérées. Parce que le reste ne compte plus. Parce qu’on a peut-être sacrifié le reste pour ce tout encore inatteint. Pendant quelques instants, Sax oublie le Crystal, la salamandre, la coccinelle… Une amertume légère remplace le présent dans son cœur en apesanteur charnelle.

La mère et la fille disparaissent dans un couloir sombre.

La coccinelle émet un cri muet de surprise.

Sax reporte son attention devant lui. Au bout de son doigt, la salamandre a disparu. Un jeune homme, nu, l’a remplacée. Une nudité beige et poils à la place d’une peau noire, jaune et absolument glabre. Une translation du présent. Une surprise à la hauteur du jeune homme qui lui tient la main. Les yeux de Sax s’agrandissent jusqu’à la froidure, cette froidure qui cristallise les bords des paupières quand on les ouvre trop grand.


« J'ai froid. Donne moi ça. »

L’inconnu prend la veste. La surprise empêche Sax de réagir.

Au fond de lui, tout de même, un grognement. Un mécontentement de réaction conditionnée, celle de l’homme habitué aux bureaux et aux boudoirs face à la non-éducation.

Il le regarde faire, ce perturbateur trop jeune, s’habiller de la longue veste grise qui est la sienne.

En lui, entre l’estomac et le cerveau organique, le grognement devient déplaisance amère puis offense piquante. Ses muscles, naturels et artificiels, habitués au contrôle de son image, empêchent sa mâchoire de s’ouvrir sur des injures et ses mains d’attraper le col de l’intrus.

Dans son coin,  la coccinelle rit doucement en percevant la colère de son créateur. Enfin, se dit-elle, le voit-il comme il est.

Sax s’apprête à faire une remontrance vers quelqu’un qui lui semble plus jeune que lui - l’est-il vraiment ? Comment savoir dans un lieu où les artistes se figent dans leur âge d’entrée en servitude au Crystal ?

Mais une autre surprise l’arrête, de nouveau, dans son élan. Les lèvres du jeune homme bleuissent à une rapidité qu’il n’a vue que chez les enfants qu’on jette dans l’eau trop froide pour leur apprendre à nager.


« Surprise... et merci... pour le sauvetage... et la veste aussi en fait. »
- De rien. Mais la prochaine fois, ne remerciez que si vous avez demandé la veste avant.

L’aigreur est sortie malgré tout. Atténuée par la vision des tremblements et des lèvres bleues. Une aigreur mélangée à un début d’empathie, sans doute.

Si elle avait des paupières, la coccinelle clignerait des paupières. Elle se demande comment un humain peut bleuir à la vitesse des lézards et des batraciens.

Sax se refroidit. Ses sentiments aussi.

Il aimait bien la salamandre menue. Fragile et légère. Il espérait déjà la reprendre chez lui, sous prétexte que son propriétaire actuel la maltraitait. Il imaginait déjà la taille du terrarium, les vers et les petites larves achetés pour la nourrir…

Il a l’impression d’entendre de minuscules fissures, là où la poussière de béryllium qui tapisse son cœur se craquèle de déception.

Il ne peut retenir un long soupir, sa déception lentement expirée loin de son corps.


- J’espérais vous garder dans un terrarium. Et vous acheter un mâle, je pensais que vous étiez une salamandre femelle.

Il hausse les épaules.

- Je ne sais pas pourquoi je vous pensais femelle. Peut-être à cause de l’art ambiant.

L’industriel est à moitié organique, à moitié synthétique. Ses raisonnements conscients mêlent la rationalité de l’humanité éduquée à la brume des neurones éparpillés sous sa peau. Son œil gauche et la peau de son visage, du côté gauche, ont absorbé l’émotivité et l’expressivité de l’art. Dans la touffeur du Crystal, l’homme se sent coincé dans une matrice brûlante et de sa féminité.

- Vous êtes venu nu au Crystal ? On dirait que vous allez mourir d’hypothermie.

Il n’a pas envie, en réalité, de transporter un homme au bord de l’inconscience dans un hôpital.

Il fait deux pas en arrière, se dirige vers sa coccinelle qu’il appelle en lui tendant les mains. La petite bête métallique ouvre ses élytres de béryllium et de carbone, déploie ses ailes de feldspath et s’envole jusqu’aux paumes tendues. Au moment où elle doit toucher le gant de cuir gris, la coccinelle explose en poussière d’étoiles minuscules. Chaque molécule métallique reflète la lumière ambiante. Le nuage brillant flotte quelques secondes entre les mains, puis se met à monter, tourbillonner, pour entrer dans la bouche de Sax qui inspire les derniers souvenirs de la coccinelle.

Il se retourne sur le jeune homme bleuissant.


- Vous devriez ramasser vos affaires, vous aussi, avant de vous faire héler pour exhibitionnisme. Ou du moins sortir du Crystal.

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Re: Salamandre et coccinelle (T) [Gael]

Message par Gael Whyte le Lun 13 Oct - 19:26

De ses grands yeux bleus et dans le silence le plus total, le jeune homme observait son interlocuteur s'exprimer. Entre surprise et déception, il parlait de terrarium et de femelle. Une preuve pour le véritable sexe du batracien ne serait pas nécessaire, n'est-ce pas ? Il avait surement déjà tout vu de toute façon. La salamandre se disait qu'elle avait bien fait de reprendre forme humaine. La scène aurait pu devenir bien plus gênante et dangereuse si dans son élan d'affection, cet illustre inconnu avait embarqué l'humain transformé au sein de la ville. Littéralement, il se serait retrouvé avec Gael sur les bras. Un Gael nu comme un ver. Cela aurait pu être drôle si le risque de se faire remarquer par les forces de l'ordre n'existait pas. A cette pensée, le garçon croisa un peu les jambes pour bien masquer ce tatouage qui s'enroulait autour de sa cuisse de façon peu discrète. Sa position lui offrait un équilibre précaire mais suffisant pour le moment.

- Vous êtes venu nu au Crystal ? On dirait que vous allez mourir d’hypothermie.

La question le laissa un peu sans voix. En vérité, il ne savait que répondre. Oui il s'était rendu en ces lieux nu....mais pas réellement. Sa transformation avait eu lieu dans la forêt et le froid de la pluie l'avait forcé à changer de plan. Le Crystal Palace s'était alors dévoilé sous ses yeux et sans hésiter longtemps, l'amphibien avait filé à l'intérieur. Pouvait-il répondre cela ? Il ne le fit pas. Son attention se trouva capturée par un évènement tout à fait différent. Le spectacle qui se déroula sous ses pupilles fascinées lui coupa toute envie d'ouvrir la bouche. Ou plutôt, de l'ouvrir pour parler parce que sa lèvre inférieure pendouillée, le laissant béat.

La coccinelle se désintégrait.
Pouf. D'un coup, comme ça. Un petit nuage de poussières étranges aspiré par l'homme et plus rien. C'était incroyable.
Les remarques plus ou moins désobligeantes précédentes passaient complètement au dessus du jeune brun totalement emballé par cette découverte. Un sourire étiré sur ses lèvres violettes, il en lâcha la veste un bref instant. Le froid reprenant le dessus, il remit bien ses bras autour de sa taille pour la maintenant fermée.

« C'est trop beau ! Comment vous faites ça ? Vous pouvez le refaire ? Et avec d'autres insectes aussi ? »

Dans son enthousiasme presque enfantin, Gael en avait oublié ses jambes croisées maladroitement. Bien évidemment, lorsque désireux de s'approcher il effectua un pas en avant, son pied demeura coincé derrière la cheville opposée. La chute s'exécuta dans la lourdeur la plus totale. Etrangement lente mais inévitable, le bruit sourd en témoigna. Un grognement de douleur s'en suivit rapidement.

A quatre pattes sur le plancher, le brun soupira fortement et marmonna quelques jurons de mécontentement. N'ayant pas le courage de se relever, il se redressa suffisamment pour s'assoir sur le sol. Frottant ses mains ensemble, il retira la poussière qui s'y était déposé et reproduit le geste sur ses genoux légèrement brulés par le choc. Rien de bien grave cependant et son regard retourna bien vite en direction du visage du propriétaire de la veste.

« J'ai froid... Je sais plus où j'ai mis mes affaires. Je peux garder votre veste au moins le temps que je les retrouve ? Ou que je rentre chez moi ? »

Une seconde de réflexion s'imposa avant son idée brillante.

« Ou chez vous sinon ! Vous avez pas un terrarium taille humaine ? Ca serait sympa ça. »

Un sourire amusé se dessina une fois de plus. Son esprit se lança dans des fantaisies bien à lui. Il s'imaginait déjà dans un grand terrarium, allongé sous un spot chauffant, les pieds dans l'eau. Passer ses journées à se prélasser et siroter un verre lui plaisait grandement. Et il aurait accepté de devenir la salamandre de ce riche rien que pour cela. Dommage que ses pouvoirs soient inhibés dans la ville...

Ses pieds revinrent petit à petit sur terre. Ses délires s'apaisèrent. Il ne pouvait pas rêver d'un tel endroit si rien que sortir du Crystal était une épreuve en elle-même. L'inconnu avait raison : il devait s'habiller. Ses vêtements trainaient quelque part dans la forêt. Gael était tout simplement incapable de dire avec certitude où il s'était transformé et où il avait laissé trainer ses affaires. Le sens du mot bordélique venait de passer à un tout autre niveau.

« Je peux pas sortir comme ça... Je peux me glisser dans votre chemise ? »

Parce qu'il s'agissait bien sur de la solution la plus évidente, non ? Le serpent se voyait déjà s'enrouler autour de ce corps. Rien que l'idée de toute cette chaleur lui arracha un frisson de joie et le décida à quitter le plancher. Sans grande pudeur, il se leva donc enfin et resserra la veste à nouveau ensuite. Son regard sincère se plongea dans celui en face. Un maigre sourire prit possession de ses lèvres tremblantes.

« Je peux ...? S'il vous plait.»

Peut-être que les yeux de salamandre battue auront un effet sur cet homme étrange... Gael testa.

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Re: Salamandre et coccinelle (T) [Gael]

Message par Sax Sparkling le Lun 20 Oct - 9:20

La suite se passe dans ce sujet

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Re: Salamandre et coccinelle (T) [Gael]

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